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Aprilia RSV/R
Race Tuning
(par Rudy SCOHY, avril 03)

Le
freinage du Jedi
Le tuning est à la moto ce que la science-fiction
est au réalisme: il nous fait découvrir un univers non exploré.
Cette fois, nous passons l’hyperexponentielle dans la galaxie racing
pour intercepter une RSV qui raccourcit l’espace-temps...
Sur notre site de lancement de Croix-en-Ternois, une RSV/R
millésime 2000 optmisée superbike. Face à elle, la
RSV/R 2003 aux couleurs de « Nitronori » Haga: mise à
feu pour un comparatif aux confins de l’espace connu.
From road to race
Si Marc Detournay, son
propriétaire, a conçu cette Aprilia pour courir le championnat
Probike à son guidon, elle n’en reste pas moins parfaitement
exportable sur route, à condition d’opter pour un carénage
carbone conservant l’optique d’origine. Bien sûr, on
devrait vous détailler l’accastillage tout carbone, la bulle
endurance, la ligne Akrapovic full titanium (collecteur compris, donc),
les jantes Marchesini en magnésium et on en passe. Outre le côté
prestigieux, ce beau monde a selon nous pour avantage primordial un gain
de poids considérable: telle que vous la voyez, cette RSV/R n’accuse
plus que 165kg sur la balance; elle se situe donc au niveau d’une
machine de mondial SBK...
C’est à Denil Moteurs (Chimay), que Marc va confier son noyau
propulseur. C’est qu’une RSV/R d’origine n’aligne
que 112 canassons sur sa roue arrière à 9400t/m. Après
96 heures de travail, voilà 20 bourrins de mieux au même
régime, et sans qu’ils s’écroulent au-delà
SVP. Au menu, l’engin a eu droit à une préparation
pointue vilebrequin, culasse et pistons. Le tout relevé de bielles
Carillo et d’arbre à cames d’admission en provenance
du kit usine.
N’allez
pas croire que cette kyrielle de modifications enlève de son cachet
au modèle 2003: une machine de ce niveau conserve son prestige
en toutes circonstances; le passage aux jantes dorées accentuant
encore la classe naturelle de la Transalpine. Pourtant, sur la piste,
il faut convenir que la RSV préparée ne laisse guère
de chances à sa consoeur d’origine: la cavalerie et les montées
en régimes tonitruantes vous évitent la vexation de vous
faire taxer par les 600 aux yeux bridés (ce qui arrive avec la
« standard »... ) Et puis, sur un tourniquet comme Croix,
la quête du saint gramme réussie par Marc prend tout son
sens : inutile de se dépouiller pour entrer en courbe comme c’est
le cas avec l’originelle, on y va tout seul. Faut juste éviter
l’optimisme débordant au moment de remettre les gaz parce
que là, ça cause!
Stop and go
Vous
me direz que tout ceci ne justifie pas encore le titre de cet article.
Alors venons-en au fait: ce qui impressionne le plus sur cette RSV très
spéciale, c’est son freinage de l’au-delà. Avec
un seul doigt, vous en tirez le genre de décélération
qui vous enlèverait votre casque et votre... dentier après.
Il n’y a pas à dire, le système à 4 disques
avant estampillés Beringer est un must de puissance: en comparaison,
même les étriers radiaux Brembo alignés cette année
par la RSV/R paraissent peiner à ralentir la machine. Et si les
Beringer manquent de progressivité, c’est un peu le cas des
Brembo radiaux aussi : freinage en courbe déconseillé. En
outre, les 4 disques français offrent une réserve de puissance
virtuellement inépuisable: on les empoigne plus tard à chaque
tour et pourtant, on vire toujours en souplesse; voilà ce qui s’appelle
maîtriser l’espace-temps! On ne prétendra pas qu’on
ne crânerait pas un peu moins sur le mouillé, mais quel agrément
sur une piste sèche... Evidemment, cette technologie a son prix,
comptez un peu plus de 2.500 euros maître-cylindre radial inclus,
mais on comprend que Stéphane Chambon ait été champion
de France avec ce système lors de sa sortie, en 1996. Aujourd’hui,
il est d’ailleurs utilisé par deux teams du Mondial Superbike.
Hors main-d’oeuvre
mécanique, les modifications apportées à cette RSV/R
auront nécessité un investissement d’environ 13.000
euros (oui, avec le freinage!): « C’est quand même moins
affolant que ça en a l’air, conclut Marc Detournay, si on
considère qu’acheter une ex-moto de course permet de limiter
considérablement le coût d’achat pour réinvestir
dans la préparation. Et puis, cette moto est conçue comme
une vitrine des produits que ma société importe (MD Import),
mais rien n’oblige à opter pour la totale puisque ce bicylindre
est fun quel que soit son degré de modification. »
Pour toute information sur les produits évoqués
ci-dessus : MD Import 0475/75.03.39.
RS
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