Intégral Lazer Fiber D1
(par Rudy Scohy, décembre
2007)

Retour en haut de l’affiche
Privé d’un authentique intégral haut de gamme sportif
en raison de sa collaboration avec AGV, le plus ancien fabricant mondial
de casques signe son retour à l’indépendance en sortant ce Fiber D1,
digne successeur de l’excellent Fibertech apparu en 2001.
Fruit d’une totale remise en question des solutions
techniques et stylistiques habituellement de mise chez Lazer, le
Fibertech concrétisa en 2001 l’avènement du fabricant belge au sein du
haut de gamme voué à la course. Le cahier des ambitions était clair :
situer Lazer au sommet dans le cercle restreint des heaumes destinés à
la compétition. Ce fut fait surtout grâce à la version 2003 optimisée
(aérations revues, intérieur retravaillé). Bien que resté peu connu, le
Lazer Fibertech était bel et bien un grand casque. Après l’épisode AGV,
qui remplaça le Fibertech par un Fiber Pro n’étant autre qu’un ancien
AGV XR2 avec de nouvelles décos, il était temps que les Belges nous
ressortent un vrai haut de gamme bien de chez nous !
Filiation
Le
Fibertech était un beau casque à l’esthétique agressive ; le Fiber D1 en est clairement l’héritier. Le D1 mêle les
matériaux nobles : fibres multidirectionnelles renforcées de carbone et de fibres aramides. Bien que la nouveauté se
veuille plus sobre et classique (les prises d’air externes sont à présent internes), on lui reconnaît un lien de
parenté dans les plis aérodynamiques, dans les grilles d’aération métalliques et… dans la taille de la visière.
En effet, le D1 conserve cette caractéristique du Fibertech : une vision panoramique grâce à un écran qui dégage
parfaitement la visibilité latérale ainsi que le champ de vision vers le haut et vers le bas. « Yapafoto » : aucun
intégral ne dégage aussi bien la vue que ce nouveau Lazer ; et c’est un gros avantage en termes de sécurité passive.
On regrettera cependant que la visière ne soit pas dotée d’un verrouillage bien utile en usage racing, moins utile il
est vrai en usage routier. La qualité perçue franchit un seuil supplémentaire eu égard au Fibertech, principalement
grâce à la finition de détail et à la qualité d’un habillage qui, s’il est respirant et antibactérien, semble
néanmoins plus rêche et moins douillet que celui du Fibertech. Remarquez, en réalité, c’est juste une impression,
car on ne note aucun inconfort à l’usage. Sur les modèles de présérie, les mécanismes d’ouverture/fermeture des
aérations se montraient trop souples et avaient donc tendance à s’ouvrir seuls, sous la pression du vent, à haute
vitesse. Sur la version définitive du D1, il n’en est rien. Ces nouvelles aérations sont non seulement intuitives
et faciles à manipuler, mais elles sont aussi nettement plus efficaces que celles du Fibertech, dont c’était le
seul point faible. Avec ses 4 entrées et ses 5 sorties d’air, le D1 vous ventile vraiment et, point important, sans
que le niveau sonore s’en ressente trop une fois que les prises d’air sont à l’œuvre. La fonction désembuage avant
est efficace (elle semble inspirée de ce que BMW fait très bien sur son SportIntegral) et la ventilation arrière n’est
plus une simple décoration. C’est donc tout bon.
Evolution
Tout bon aussi, le poids vérifié : 1450g en taille XL
avec tous les accessoires (bavette aérodynamique, cache-nez et pinlock
antibuée toujours aussi efficace, soit dit en passant) ; c’est-à-dire
plus léger qu’un Shoei X-Spirit pesé dans la même taille, excusez du peu
!
En matière d’accessoires donc, le D1 est bien nanti puisqu’il offre
d’origine tout ce qu’on peut espérer d’un casque qui se veut haut de
gamme ; ajoutons à la liste un sac de transport enfin chic…
Pour prendre place dans le D1, le Morpho System, un brevet Lazer
permettant l’adaptation du revêtement interne à la morphologie de
chacun, devient Morpho System Plus parce que les coussinets de joues
sont désormais construits en 3D, c’est-à-dire pourvus d’une double
courbure pour mieux épouser la forme de vos joues. Il en résulte
évidemment un casque qui « colle » au plus près à votre tête, gage de
confort et de comportement dynamique optimisés. Au fait, cette
construction interne en 3D, Shoei l’utilise aussi pour son X-Spirit déjà
cité et, dans ce cas, il est bon de se rappeler que le casque japonais
coûte… 800€, soit largement plus du double du D1.
Par rapport au Fibertech, on note aussi l’apparition de 8 zones
réfléchissantes. Vous n’aimez pas ça ? Nous non plus, mais le fabricant
belge a résolu le problème esthétique en recourant à des adhésifs
réfléchissants… noirs. Eh oui, ça existe ; et c’est tout aussi efficace
que les autres.
Prestations
Le Fibertech était confortable,
aérodynamique et étanche à l’eau comme aux courants d’air parasites. On
était donc curieux de voir ce qu’apporterait le D1, d’autant que Lazer
annonçait une petite révolution grâce à son nouveau brevet VPFS (Vizor
Perfect Fit System). Il s’agit d’un cadre d’écran injecté apportant
une réponse au problème récurrent du positionnement et du réglage de
l’écran sur tous les casques en fibres. Ici, le cadre est intégré à la
calotte (il y a 2 calottes différentes suivant les tailles) et un joint
en néoprène assure un ajustement toujours optimal. Le bénéfice attendu
est clairement une étanchéité parfaite à l’air, à l’eau et au bruit.
Bon ça, c’est la théorie ; et en
pratique ? L’étanchéité à l’air et au bruit est effective ; il n’y a rien à
redire. Mais, malgré son système traditionnel, le Fibertech faisait déjà
aussi bien ; quant à l’étanchéité à l’eau, le double joint de l’ancien se
révélait plus efficace que l’injection du cadre high tech pratiquée
sur le D1. En conséquence, le VPFS nous déçoit plus qu’il ne nous
impressionne : sous la pluie un peu forte, un « goutte à goutte » ne tarde
pas à apparaître à l’intérieur de l’écran. A regarder le casque, il est vrai
qu’on se demande par où peut bien passer cette fichue flotte ; n’empêche…
Autre nouveauté sur le D1, le
mécanisme Quick Release de la 3° génération qui, cette fois, a
virtuellement rattrapé son retard sur le modèle incontesté dans le genre, le
système Shoei. Désormais, la visière du Lazer s’enlève et se remet avec une
facilité déconcertante, et d’une manière parfaitement intuitive.
Pour le reste, le D1 conserve
l’excellence aérodynamique qui était déjà l’apanage du Fibertech, en
soignant encore un peu la pénétration dans l’air ; peut-être est-ce
d’ailleurs le VPFS qui fait son effet sur ce point. Toujours silencieux et
confortable, le D1 est mieux fini, mieux ventilé et doté d’un mécanisme
d’écran épatant. On peut cependant reprocher à son système VPFS de ne pas
pouvoir stopper l’eau de pluie ; sans oublier toutefosi que des casques
nettement plus chers ne font pas mieux….
Ceci dit, à ce
niveau de qualité globale, encore objectivement supérieure à celle du
Fibertech, on ne peut que féliciter le fabricant belge de conserver
(nettement) sous la barre des 400€ le prix de vente de son fer de lance sans
pour autant rogner sur les décos, puisqu’elles sont 14 à être disponibles.
Soulignons aussi le grand choix de visières et d’écrans pinlock proposés en
options.
RS
Distributeurs :
Belgique : Luked BVBA
Ravenshout Zone 5.2.48
3980
Tessenderlo
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