Oxford au rayon frais

(par Rudy Scohy)

 

Les Anglais d’Oxford développent du matériel motocycliste depuis trente ans et se présentent comme le haut de leur segment. Nous avons voulu le vérifier avec cet assortiment de produits conçus pour alléger nos hivers et dont les concepteurs sont, paraît-il, les premiers utilisateurs.

Toasty Facemask : l’autre cagoule (18€)

Partant du principe que ce n’est généralement pas au crâne qu’on a froid, de nombreux fabricants tentent de nous proposer des alternatives valables aux sempiternelles cagoules. Oxford ne déroge pas à cette règle et propose ce « toasty », original mais plutôt cher. Disons d’emblée que ce prix se justifie par la qualité des matériaux : de la laine polaire et du néoprène dans la partie masque, ainsi que par le fait que l’ensemble est préformé pour s’adapter au visage. La fermeture est confiée à un velcro à l’arrière.
On n’a aucun problème pour « enfiler » le Toasty, quelle que soit sa morphologie; et la laine polaire est assez lisse pour laisser glisser le casque sans trop redescendre avec lui le long du visage. La partie masque est habilement ajourée (aux niveaux du nez et de la bouche) pour permettre d’évacuer la condensation due à la respiration. Evidemment, si on le porte longtemps, une certaine humidité apparaît, mais le phénomène reste limité. Quant à la laine polaire, elle est remarquablement isolante, et le Toasty permettra de se passer d’une écharpe dans de nombreux cas. Toutefois, dans les froids hivernaux, et suivant la protection offerte par la moto bien sûr, on pourra regretter qu’il ne soit pas plus long. Car s’il peut couvrir les oreilles, le Toasty paraît un peu court dans le cou. Ceci dit, en l’alliant à une écharpe, il devient impossible d’avoir froid. Mis à part ce manque de longueur, on signalera aussi que le velcro arrière est fort rêche quand il est en contact direct avec la peau, et que l’effet antibuée du masque, allégué par le fabricant, n’est convaincant qu’en dehors des grands froids. Terminons cependant sur une note positive en signalant que le Toasty est aussi un compagnon idéal pour tous les casques non intégraux, comme nous l’avons vérifié avec un jet.


Chaussettes Thermo : chaud le bas! (12€)

Que peut-on écrire de chaussettes, direz-vous?
D’abord que celles-ci n’ont qu’une pointure unique qui ira très bien, disons du 38 au 45; pour les autres, on sera moins affirmatifs. D’allure très classique, les Thermo se marieront avec nombre de chaussures et de pantalons si vous les portez sans le reste de votre équipement. Sont-elles efficaces contre le froid? Oui, et confortables en plus: très douces sur la peau et aussi très élastiques. Avant de prendre le guidon, nous avons fait l’expérience suivante: une épaisse chaussette de tennis à un pied, une Thermo à l’autre, comment allions-nous ressentir le froid d’un carrelage? Manifestement, la Thermo isole mieux que la chaussette de sport qui laisse passer un froid piquant. De bon augure avant l’essai routier...
Celui-ci s’est déroulé, comme il se doit, sous le gel et en ne portant que les Thermo; sans les doubler d’une seconde paire. Résultat probant: aucune chaussette normale n’isolerait aussi bien le pied. Disons que ce dernier commence à se refroidir après une petite centaine de bornes. Si vous devez rouler davantage, la deuxième paire de chaussettes s’imposera quand même. N’empêche, ces Thermo Socks atteignent leur objectif, et leur prix est assez compétitif en regard de la concurrence.


Sous-vêtements Chill Out : une référence (118€)

Ce pantalon et ce sous-pull à col montant sont réalisés en « Oxprotex », une licence Oxford comme son nom l’indique. Ils sont constitués de trois membranes superposées visant à la fois à emprisonner la chaleur du corps, et à l’isoler du vent tout en laissant ressortir la transpiration. En outre, l’oxprotex est en partie imperméable et compenserait donc une veste qui prend l’eau. Soulignons aussi que, portés à la ville, ces sous-vêtements ne s’avèrent nullement insupportables.
Testés durant tout l’hiver et le plus souvent sur une basique, les Chill Out se sont vite avérés d’indispensables compagnons de route : leur manière de vous isoler du froid, même aux genoux, est épatante. Un exemple ? Rouler par 0° sans la doublure hiver de son pantalon et avec juste une chemise sur le sous-pull, c’est possible, et sans souffrir… Nous ne nous étions plus sentis si bien au chaud depuis une antique combi intégrale grand froid qui nous donnait la dégaine d’un bonhomme Michelin et sans aucune protection en cas d’impact. Dans ce cas-ci, on garde toutes les fonctionnalités de ses vêtements habituels. Bien sûr, si vous descendez de votre moto pour une journée de bureau, il vaudra mieux ôter vos sous-vêtements puisqu’ils sont conçus pour ne pas vous gêner jusqu’à une température ambiante de l’ordre de 16°.
Des défauts, ils n’en ont pas ; nous avons cependant noté trois particularités moins heureuses : un col rugueux (mais qui monte haut), des « chevilles » fort étroites rendant fastidieux l’enfilage du pantalon (gare aux coutures qui craquent) et l’absence d’oxprotex à l’arrière et dans le bas des jambes. Le plus souvent, cette dernère caractéristique n’est pas un problème en matière de protection thermique (dos et mollets ne caillent que par grand froid et si la route se prolonge), mais peut gêner en cas de forte pluie si votre veste n’est pas étanche. Comme signalé, l’oxprotex vous isole de l’eau aussi mais, si elle pénètre votre veste, la flotte risque de prendre les membranes à revers et de rentrer par l’arrière. On insistera aussi sur le fait que, pour des produits d’une telle technicité, le tarif proposé reste mesuré, mais que certains produits plus chers (Bikers par exemple) utilisent leur matériau breveté sur toute la surface des sous-vêtements. Sachez encore que, dans la même gamme, Oxford propose aussi des sous-gants et un assortiment de tours de cou et cagoules.


Masque déflecteur Huff : décevant (20€)

Jusqu’ici, l’équipementier britannique frisait le sans-faute. Ce joli masque va toutefois faire baisser sa moyenne. Finition impeccable et esthétique « pilote de chasse », ce Huff en jette. Il est supposé s’adapter à tous types de casques pour vous laisser la bouche au chaud et éviter la formation de buée ; s’il s’en tire à peu près honnêtement sur le premier critère, il ne ralentit pas assez la formation de buée pour nous paraître utile. D’autre part, on ne l’applique pas aisément dans tous les casques, et tous les visages ne s’en accommodent pas non plus (certains le sentent peser désagréablement sur l’arête du nez). Finalement, il n’y a que dans un jet que le Huff satisfait à peu près son utilisateur. A vous de voir si cela vaut l’investissement.


Manchons Deluxe Muffs : pour et contre (54€)

On vous entend d’ici : « Jamais sur ma moto car il n’y a pas plus moche ou plus ringard que des manchons. » Et c’est sans doute vrai, mais il n’y a sans doute pas plus efficace pour protéger vos mains, car les poignées chauffantes n’empêchent pas les gants de percer alors que les manchons sont étanches et munis de réflecteurs pour la sécurité. Tout semble pour le mieux. Pourtant, en dépit de leur efficacité, nous ne sommes pas entièrement convaincus par ces Muffs. En cause, le feeling très différent des commandes que leur placement implique. Les manchons vous imposent de réapprendre vos commodos : c’est fou ce qu’on tâtonne quand on ne voit pas ses instruments ! Ils handicapent aussi vos mains, car il n’est plus si facile de faire signe ou de manipuler sa visière par exemple. Bref, ils imposent une autre approche de la conduite et limitent votre mobilité, ce qui est selon nous leur principale faiblesse. Il reste que leurs prestations sont convaincantes ; un trajet dans une aube glaciale avec un seul manchon monté nous en a facilement convaincus…

Importateur:
Motana (Kontich)
O3/450.03.65
www.oxprod.com

 

RS


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