Le
droit à la vue Elément primordial d’un look « qui déchire », les lunettes de sport sont loin de n’être que décoratives. Car saviez-vous que les visières fumées de nos casques ne répondent à aucune norme optique en matière de protection contre les rayonnements nocifs ? Voilà une constatation qui devrait nous induire à préférer les lunettes solaires sous un écran clair aux visières teintées commercialisées par les fabricants de casques… Que ce soit l’été, ou l’hiver lorsque le soleil paresse sur l’horizon, de bons verres solaires constituent un atout pour rouler en sécurité. Sachez par exemple que rouler visière ne fût-ce qu’entrouverte pour s’aérer le visage contribue à assécher les yeux et donc à les affaiblir face aux miniprojectiles en tous genres qui circulent ou stagnent au-dessus de nos routes. De plus, une cornée asséchée peut, à la longue, se couvrir de taches qui vous conduiraient tout droit à une consultation d’ophtalmologie. Autant éviter cela ; surtout que la conception des lunettes solaires doit obéir à un rigoureux cahier de charges.
Choix éclectique N’importe quel étalage d’opticien vous en convaincra, le marché de la lunette sportive est devenu pléthorique. Le fabricants sont pourtant peu nombreux, et quelques grands groupes distribuent l’intégralité des marques. Nous avons opté pour un choix diversifié, qui mêle volontairement les lunettes orientées moto à celles qu’on porte habituellement à la ville. La palette tarifaire des produits présentés est également fort large : de 10 à… 215€. Pourtant, tous offrent a priori des performances similaires mettant vos yeux à l’abri de toutes les nuisances solaires. Le prix, nous le verrons, n’est pas toujours un juste témoin des performances. Et, de toute manière, vous ne pourrez vous décider rationnellement sans un essai des lunettes briguées avec et sans casque. Bien que CYBERmotorbikes l’ait fait pour vous, deux précautions valent mieux qu’une. Pensez aussi à vérifier que la distorsion engendrée par les verres est négligeable ; pour ce faire, regardez des formes carrées (un carrelage, par exemple) en remuant la tête de haut en bas et de gauche à droite : si les lignes restent droites, vous avez bien choisi. Au menu, que du beau linge : Arnette (partenaire personnel
de Rossi), Bertoni, Carrera (marque prestigieuse en difficultés
financières et rachetée par Dior), Dior, Held (le trublion
à 10€) et Oxydo (sponsor de teams et de Biaggi entre autres).
Quant à nos critères de jugement, ils nous ont été
dictés par une utilisation tournée vers la conduite en général
et la moto en particulier : Droit de regard Le moment est venu de détailler les forces en présence avant de concentrer le tout dans un tableau synoptique. Arnette Swinger (80€) et Rage (85€) Depuis 11 ans, ce fabricant transalpin a l’ambition de révolutionner le secteur, et il s’en donne les moyens : les Swinger à verres rouges ont été arborées par il dottore Rossi sur plusieurs podiums de la saison 2003 ; belle carte de visite ! Elles existent en… 27 versions différentes, tandis que les Rage (verres bleus) se déclinent en 11 finitions. Toutes deux faites de grilamid, elles sont étonnamment légères mais restent rigides, alors que Bertoni a aussi tiré parti des facultés élastiques de ce nylon. La première impression qui prévaut avec Arnette, c’est leur aspect assez « cheap » et plastique ; ce qui est dommage. Par contre, leurs surfaces optiques (inrayables) sont au sommet, et chacune des deux dans un registre distinct. Les Swinger stoppent net le rayonnement solaire mais sans respect des couleurs ni des contrastes : c’est parfait sur un circuit baigné de soleil (ou à la plage voire à la montagne), mais pas sur une route ombragée par des arbres. A l’inverse, les Rage atténuent relativement peu la luminosité mais sans aucunement altérer les autres paramètres. Leur occultation périphérique est dans la norme, et leur confort est réel, même sous casque.
Cette marque appartient à une société qui fabrique des lunettes pour de nombreuses griffes prestigieuses , et ces D-200 sont vraiment épatantes. Leurs avantages : le grilamid utilisé dans ses capacités mémorielles et 3 paires de verres interchangeables. Même méchamment déformé, le nylon des Bertoni reprend sa forme initiale en quelques minutes et s’avère virtuellement incassable. Cette souplesse permet aux D-200 de s’adapter au rembourrage de votre casque et d’ainsi se faire oublier aussi longtemps que vous restez au guidon : génial ! Quant aux 6 verres (traités antireflets mais pas antirayures), ils sont optimisés respectivement pour le soleil, la conduite de jour et la conduite de nuit. Les verres de nuit sont les moins convaincants en raison de reflets parasites, mais les verres solaires sont de haute tenue, et ceux de jour sont carrément bluffants grâce à leur capacité à accentuer les contrastes tout en assurant une meilleure différenciation des couleurs. Par temps sombre ou dans le brouillard, ils vous font percevoir la silhouette de véhicules imperceptibles à l’œil nu. Ajoutons que si le soleil revient, ils n’en deviennent pas insupportables pour autant. Un très beau produit, disponible en gris si vous n’aimez pas le flashy. Carrera Sfera (95€) et Igor Metal (110€) Rappelons donc qu’après
faillite, la plupart des modèles Carrera s’appellent désormais
Dior. Paradoxe : c’est le même fabricant qui signe les tailles
extrêmes de ce comparatif. Les plus grandes ont été
conçues pour le ski et offrent une protection optimale. Contrairement
à ce que leurs dimensions laissent à penser, elles se font
assez bien oublier dans un casque ; elles pèsent un peu sur le
nez et ne laissent évidemment rien filtrer des rayons du soleil.
Par contre à la ville, elles déforment légèrement
le bas du champ de vision et font apparaître le sol plus
bas qu’il n’est en réalité : au début,
on se cogne les pieds en croyant marcher normalement. Un problème
qui ne se pose évidemment pas à moto Quant aux Igor (les petites bleues), leur monture a la particularité d’être en argent (d’où le prix !) et elles nous ont déçus. En effet, leurs verres sont si petits que le soleil entre par où il veut si bien que finalement, c’est comme si on n’avait rien sur le nez. Autre souci ; les plastiques habillant l’extrémité des branches restent dans le casque lorsque vous ôtez les lunettes…
Encore de l’argent, et en quantité cette fois, tant sur la monture que quand vous passez à la caisse ! Indiscutablement, pour le look, on ne fait pas mieux que ces Dior tout droit sorties de Star Trek (vous vous rappelez l’ingénieur Jordi Laforge ?) Avec elles, vous faites tourner les têtes et ça peut plaire… Plutôt lourdes, elles ne gênent pourtant pas, même dans un casque si on ne les porte pas trop longtemps. Leur problème tient essentiellement au manque d’occultation car, comme elles restent assez écartées du front, le soleil s’incruste par le haut. Certains essayeurs ont aussi été perturbés par la monture très présente dans le champ de vision alors que d’autres ne juraient que par elle. Toujours est-il que la grande surface optique (souple d’ailleurs) nous a paru un tantinet sensible aux frottements. Mais quelle gueule… de punk !
Commercialisées par RAD, ces grandes lunettes allemandes ne s’accommoderont pas d’un visage étroit. Leur prix rikiki en fait un peu le loup dans la bergerie ; même si rien n’est noble dans les matériaux ou la finition, il n’en reste pas moins aux Held des qualités optiques correctes et un confort satisfaisant. Il y a même une recherche dans la forme des verres et des branches. En dépit de ces caractéristiques qui pourraient en faire un maître-achat, il faut insister sur les verres dont l’ébavurage est inexistant, ce qui pourrait aboutir à entailler les pommettes en cas d’accident. En outre, les verres Held, dépourvus de tout traitement, sont aussi les plus sensibles aux frottements et exigent un soin constant pour ne pas se rayer.
Quand on sponsorise un team 125 (Cecchinello/Stoner), un pilote 250 (De Puniet) ainsi que Biaggi, Capirossi, Checa et d’autres, on doit évidemment penser aux motards… Elle respire la classe cette monture en métal noir finement appliquée sur ses verres ovales. Légères et confortables (de longs cils viendront cependant toucher les verres), elles manquent de puissance pour arrêter la luminosité ; par contre, elles respectent très bien les couleurs et les contrastes. Soulignons également que ce sont les Oxydo qui proposent l’emballage le plus abouti et le plus robuste. Originales par leurs surfaces optiques débordant la monture, c’est surtout la plastique de ces lunettes qui motivera votre choix.
Récapitulons (« 1 » équivaut à la note maximale)
RS (texte et photos: Rudy SCOHY) Importateurs Tous
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