Le constructeur tchécoslovaque pose résolument un regard différent sur le monde du deux-roues: à une technologie onéreuse, il préfère faute de moyens- des solutions éprouvées depuis des lustres. Et si le résultat n'est certes pas exempt de critiques, il n'en propose pas moins une vraie moto pour 88.750F. Un prix qui devrait donner la migraine à la plupart des marchands de cyclos...
Mise au point Soyons clair d'emblée: Jawa n'a pas tout sacrifié au prix de vente, et le possesseur de cette nouvelle 350TS en reçoit indéniablement pour son argent. C'est une machine qui procède d'une autre philosophie, voilà tout. Alors que les "basiques" nippones (Honda Seven-Fifty, Yamaha Diversion, Kawa Zéphyr, Suzuki Bandit, ...) cachent leur sophistication sous des dehors dénudés, une Jawa reste simple de A à Z. Macro: ça bouge à l'Est Le bicylindre 2-temps qui anime la 350TS est une (très) vieille connaissance mais il a évolué. Ainsi, un soin particulier est aujourd'hui apporté à l'usinage des pièces mobiles, et nombre d'éléments proviennent d'ailleurs d'Italie. Ceci ne peut que plaider en faveur d'une fiabilité accrue, même si le graissage séparé n'est pas encore au cahier des charges. La fiabilité, un domaine où les motos de l'Est ont souvent péché dans le passé, surtout les 2-temps, traditionnellement plus "problématiques"... Autre évolution essentielle, l'adoption d'un frein à disque à l'avant; d'un diamètre suffisant (265mm), il s'acquitte de sa tâche avec tous les honneurs. Et puis, bien sûr, il y a le look. Le lifting subi cette année par la 350TS est une réussite: elle semble bien plus moderne que la génération précédente. La silhouette s'est considérablement allégée (encore une influence italienne!) et la finition d'ensemble progresse notamment par l'adoption de pots chromés, d'un couvre-chaîne et par les coloris métallisés (bleu, rouge, gris ou noir). Bref, il n'y a plus de quoi ricaner devant une Jawa.
Et elle roule! Tiens, où se cache donc le kick? Bon sang, mais c'est bien sûr... Pour kicker, il suffit de faire pivoter le sélecteur de vitesses vers le haut, comme au bon vieux temps. C'est un peu pareil pour le starter, embusqué derrière les cylindres. Kickons: un petit coup et le moulin ronronne, son bruit est plus rauque (et, pour tout dire, plus sympa) que celui des 2-temps japonais. J'ai beau chercher, aucune trace d'un commutateur d'éclairage; c'est que les phares s'allument dès qu'on met le contact. Pas bête, mais peut-être "pompant" pour la batterie. De prime abord, la Jawa déconcerte par une hauteur de selle importante et un curieux cintrage du guidon qui "remonte" vers les mains. Deux détails qui s'oublient après quelques temps. Sur la route, il arrive que notre machine trahisse sa conception déjà ancienne. Les vibrations, par exemple, sont très présentes dans la selle, les pose-pieds et les poignées (dans ces deux derniers cas, un peu de mousse remplacerait avantageusement le caoutchouc d'origine.) Autre indice: la répartition des masses. Ici, le centre de gravité reste haut perché (jantes de 18 pouces) et, comme la machine n'est pas des plus légères (163kg), on aboutit à une direction lourde ainsi qu'à un manque évident de maniabilité. Une Jawa, il faut l'inscrire dans la courbe et l'en extraire. Cela étant, et malgré des pneumatiques maigrichons, la machine reste prévisible. Il n'est guère que les reliefs longitudinaux pour la faire "saucissonner" plus que de raison. Le moulin, qui est de l'ancienne école, manque de bonne volonté à bas régimes, mais ses 23cv ne rechignent pas à vous emmener à 120km/h. A cette vitesse, on apprécie le petit saute-vent qui soulage les épaules d'une pression indésirable. Excepté les vibrations évoquées plus haut, on peut d'ailleurs gratifier la Jawa d'un bon confort général, surtout dans le chef de la suspension arrière qui filtre bien les inégalités, alors que la fourche se montre plutôt sèche. Finalement, la grosse déception de cet essai provient d'un embrayage si collant que le maniement de la boîte (à 4 rapports seulement) en devenait parfois problématique. Signalons toutefois qu'au départ de l'essai, notre moto affichait... 10km au compteur; ce qui peut expliquer certaines choses. Au rayon freinage, il faut ajouter que l'efficient disque avant est mal épaulé par un tambour arrière inefficace. Quant à notre consommation, elle s'est stabilisée à 7.5l/100km. Signalons également que Jawa propose, pour sa 350 TS, un porte-bagages bien étudié (2500F) ainsi qu'un side-car assorti à capote amovible (46000F). Qui en veut? La clientèle Jawa était jusqu'ici composée de nostalgiques. Mais depuis peu, les jeunes et les motards occasionnels désirant rester raisonnables se tournent également vers la marque de lEst. Ils y trouvent une machine sage mais aussi capable de leur procurer le plaisir motocycliste. Et ce, pour un prix absolument imbattable. RS
Tous
droits réservés à CYBERmotorbikes © 2003
Toutes les marques citées sont la propriété exclusive de leurs propriétaires / auteurs |
|||||