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APRILIA 6.5
CHIC, CHOC, BRIC, BROC
Guy Amoris
Quand on aime, on ne compte pas
: c¹est bien connu. Et il faut sans doute beaucoup d¹amour pour se convaincre
que l¹Aprilia 6.5 est un maître-achat.
Mais, trêve de pessimisme. Voilà
une moto qui convaincra les convaincus et qui laissera sans doute sceptiques
les autres !

Dès l¹ouverture du leaflet de promotion livré en
Belgique, on se rend compte que la stratégie marketing qui a couvert le
lancement de la 6.5, il y a quelques années était bien une stratégie de
niche : sont visés des citadins branchés, friqués, à la recherche d¹une
image de marque plus que d¹une bonne routière ou d¹une bête de course.
Jugez-en : Choisir la Moto 6.5, cela signifie choisir pour soi-même, et
non pas seulement en tant que motard. C¹est choisir pour plus d¹importance
et de raffinement. ² On ne peut mieux dire !
Que bella !
Eh oui ! Ce n¹est pas une Japonaise et elle l¹assume pleinement.
Italienne dans l¹âme, elle cultive
les apparences, et des plus belles.
Et c¹est un peu normal puisque la 6.5 est le fruit d¹une étroite collaboration
entre le célèbre designer Philippe Starck et la firme italienne. Tout
y est conçu pour le plaisir de l¹¦il dans un esprit de simplicité allant
à l¹essentiel. Dès qu¹on la regarde, on perçoit la patte du designer :
tout est harmonieux, en courbes ; l¹allure est presque intemporelle et
l¹on ne serait pas surpris de voir Tintin lui-même surgir d¹un coin de
rue sur le bel engin.
Plutôt féminine, elle l¹est donc jusqu¹au bout de ses qualités et de ses
défauts. Un peu chic et toc, plastique et berloque. On la désire ; on
la prend et on la quitte avec un sentiment de trop peu, face à la légèreté
de ses équipements. Et on se prend à rêver qu¹elle pût être conçue avec
de vrais chromes, bien finis et plus résistants.
En définitive,100% pure esthétique, la 6.5 passe ou casse sur la route
des passions.
On the road again
La route, précisément, parlons-en.
Lorsque vous enfourchez la 6.5 par monts et par vaux, vous découvrez un
tempérament intéressant.
D'une stabilité remarquable (encore améliorée dans les dernières versions),
elle est très manipulable en toutes circonstances, depuis le chemin de
campagne jusqu'à l'embouteillage urbain. La direction peut surprendre
au début, mais se laisse assez facilement domestiquer.
Elle peut satisfaire par des reprises tout à fait honorables et une tenue
de route sécurisante (Elle offre, par exemple, un freinage très efficace).
Elle impose toutefois une position fort droite qui rend les longs trajets
pénibles (Pour le passager, il en est de même, l'assise qui lui est réservée
étant malgré tout moins minimaliste qu'il n'y paraît à première vue).
Mais comme nous l'avons dit, là ne se trouve pas sa vocation.
Son monocylindre vertical 4 temps, 5 soupapes (3 à l'admission, 2 à l'échappement)
est digne de la marque italienne: il donne une bonne impression de fiabilité,
même s'il faut quelque accoutumance pour le manipuler lorsqu'il est froid.
Pour le reste, on ne s'étonnera pas de constater qu'elle ne recèle de
solutions techniques novatrices qu'en ceci qu'elles se soumettent à l'exigence
du designer.
Bref, passons...
Vous l'avez compris: la 6.5 requiert tout sauf l'indifférence. C'est une
belle, souvent insoumise, lorsqu'après quelques centaines de kilomètres,
la serrure du démarreur se grippe déjà; lorsqu'après un premier et court
trajet sous la pluie, force est de constater que de la buée s'est installée...
sous le verre du compteur kilométrique; lorsqu'au feu rouge, lorsqu'elle
est encore froide, elle cale irrésistiblement...Mais comme dit mon rédac'chef
qui a toujours un bon sens d'avance: "A chacun de savoir ce qu'il veut;
il y a des motos pour les brutes épaisses et celles pour les hommes sensibles
et complexes. La 6.5 prouve, en tout état de cause qu'il n'est pas nécessaire
d'être cuir et clous pour que les regards se posent sur vous: avec elle,
jamais vous ne passez inaperçu. En définitive, la 6.5 est une moto de
plaisir, de pur plaisir, qu'on imagine moins destinée au turbin quotidien
qu'à la promenade du week-end, à condition qu'elle soit régulièrement
entretenue par un bon mécano.
FICHE TECHNIQUE
MODÈLE: APRILIA MOTO 6.5
ANNÉE: 1997
1- Esthétique et finition
Look d'enfer: l'allure, toute en courbes retient le regard. La Moto 6.5
a bien sa place dans les musées et les magasins de design.
Le problème, c'est qu'il vaut mieux parfois regarder et pas toucher.
Est-ce un effet de mode? Mais les accessoires en plastique sont vraiment
light, light, light! Tellement light que lors de notre essai, ils se sont
montrés vite défectueux (jauge essence et compteur kilométrique).
2- Equipement et aspects pratiques
Comme le veut l'esprit design, son équipement est simple et basique, voué
au minimum. Il existe bien quelques options. Mais nous sommes d'avis qu'elles
dénaturent l'esthétique d'ensemble qui, par ailleurs est très réussie.
On regrettera particulièrement l'absence d'une béquille centrale, assez
étonnante pour une moto principalement citadine..
3- Confort
Une fois l'habitude prise, et restriction faite de la prise au vent, la
6.5 s'avère extrêmement agréable à manipuler.
4- Caractère moteur et performances
Evidemment, c'est un monocylindre, avec tout ce que cela représente de
comportement parfois rude à toute petite vitesse. Mais on a l'impression
inégalable d'avoir une vraie moto traditionnelle entre les jambes.
5- Suspension
Classique et douce, même avec un passager.
6-Transmissions
Souple et bien équilibrée
7- Comportement dynamique
Des bonnes performances insuffisantes pour les motards au quotidien mais
acceptables pour le public visé.
8- Freinage
Précis et très efficace. L'avant (précis et dynamique depuis que l'on
a réduit le débattement) s'équilibre bien avec l'arrière.
9- Consommation et budget
Rapport qualité/prix largement concurrencé par d'autres modèles. Mais
pour un look -Faut-il le rappeler?- inimitable
Consommation moyenne.
10- OK-KO
+ Look exceptionnel/effet sans pareil sur le grand public
confort/ stabilité/comportement/suspensions/freinage
-Qualité des accessoires (résistance)/ finition plastique
Absence de béquille centrale et de porte-bagages
Direction surprenante au début
Commandes parfois capricieuses (starter)
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