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Aprilia Scarabeo 500 – 2003
(par Pierre Herrent, mai ’03)

L’aîné et le cadet
à la fois
Un scooter/moto ou une moto/scooter,
le Scarabeo 500 est l’aîné d’une famille de scooters
(Scarabeo 50, 100, 125, 200) dont il reprend la forme générale.
Son comportement, son moteur, ses capacités le rapprochent sans
complexe des motos, dont il serait logiquement le cadet, quoique sur certains
aspects il montre qu’il n’est pas le dernier…
Premier abord
La
finition est superbe, pensée pour être belle et pratique
à la fois. Différentes couleurs métallisées
sont alternées pour le principal de la carrosserie, des plastiques
légèrement texturés sont choisis pour les parties
susceptibles d’être rayées (protège-mains, poutre
centrale et garde-boue arrière). Le sigle distinctif de la gamme
Scarabeo (un petit scarabée) est placé sur le haut du carénage
avant, un peu comme un bouchon de radiateur, il surplombe la grande optique
ronde au verre transparent, le verre des clignotants est aussi transparent
et clair, la couleur jaune est donnée par l’ampoule, à
l’arrière, un troisième feu stop, à diodes,
est placé sur le coffre. Le tout forme un ensemble cohérent
qui mêle des détails très actuels à quelques
touches « rétro ». La carrosserie un peu volumineuse
allonge le scooter à l’arrière et lui donne une vraie
largeur à l’avant. La volonté semble bien être
de rapprocher cet engin des motos GT, quitte à l’alourdir
un peu visuellement. Au rayon des accessoires, une liste assez complète
permettra d’achever le travail en ajoutant des valises latérales
entre autres.
Equipement
De
nombreux détails témoignent de l'effort réalisé
sur le design, par exemple : le vide poche, la présence d’un
allume-cigare (aussi pour recharger un gsm), le déflecteur semi-souple
à hauteur des jambes, les repose-pieds passager qui se replient
dans la carosserie, l’ordinateur de bord (kilométrage total,
double trip, chronomètre, consomation moyenne, prochain entretien,
température extérieure avec avertissement en dessous de
3°C, vitesse moyenne, vitesse maxi), le capteur de chute qui bloque
la pompe à essence quand l’engin est au sol, l’anti-démarrage
électronique. Ou encore le barillet de contact qui sert à
tout faire : à mettre l’engin sous tension, à ouvrir
le coffre à casque, à libérer la selle pour accéder
au réservoir d’essence et, enfin, à verrouiller le
blocage du guidon. Le tableau de bord est bien lisible, il comprend entre
autres une jauge d’essence, un compte tours, un témoin de
béquille, une jauge de température et trois écrans
digitaux affichant l’heure, le kilométrage total et les fonctions
de l’ordinateur de bord. Avec en primeune béquille latérale
et une béquille centrale, difficile de faire plus complet...
Les rétroviseurs
donnent une bonne vision du champ arrière mais ils ne se verrouillent
pas bien, il faut presque chaque fois les régler à nouveau.
L’accès au réservoir d’essence se fait en soulevant
la selle. La répartition des espaces de rangement est un peu décevante,
il y a certes le très grand coffre à l’arrière
qui contient sans problème deux casques, mais il est tellement
vaste qu’il est difficile d’y arrimer un objet plus petit,
et comme les suspensions sont assez dures, ce coffre se transforme vite
en shaker : objets fragiles s’abstenir ! Le vide poche est bien
nommé, il ne peut abriter que le contenu de vos poches, en dessous
il y a un rangement un peu plus grand mais dont la forme ne permet même
pas d’y glisser un carte routière. Amusant, le crochet pour
accrocher un sac à main. Et le plus frustrant, sous l’immense
selle, il n’y a même pas la place pour ranger un U, tout juste
y trouve-t-on la petite trousse à outils.
Prise en main
La position de conduite est droite, les coudes le long du corps, la
tête est proche du saute-vent et le regard passe au-dessus. Le repose-pied
est long, il permet aux pieds de se déplacer d’avant en arrière
et de se détendre. L’espace disponible pour les jambes est
généreux et la poutre centrale n’est jamais dérangeante.
La selle est large et moelleuse, le confort y est excellent. Elle n’est
pas particulièrement haute (80 cm), mais avec sa largeur, il est
difficile de poser les pieds à plat par terre. Il faudra quelques
jours pour trouver un équilibre rassurant à l’arrêt.
Elle est surmontée à l’arrière par la selle
passager qui forme un petit dosseret bien utile pour caler le bassin et
assurer plus longtemps le dos droit. La selle passager est du même
confort et bénéficie d’un dossier fixé sur
le coffre à casque. Cette configuration est confortable et très
sécurisante, les grandes poignées sur les deux flancs participent
elles aussi à créer ce sentiment. L’impression d’espace
domine et si l’envie de « cruiser » de manière
plus nonchalante vous prend, il suffit d’avancer les pieds, d’étendre
légèrement les bras et de s’appuyer un peu plus contre
le petit dosseret, alors la « GT touch » fera place à
la « Custom touch », dans la position au moins...
Sur la route
Aucune
impression de lourdeur une fois en mouvement. La direction est très
légère et avec un rayon de braquage court, le Scarabeo jongle
avec les ronds-points et les files de voitures, il s’agit bien d’un
scooter, maniable à souhait. Son centre de gravité placé
très bas et les grandes roues comme sur une moto le rendent très
stable, il supporte très bien des passages en courbe rapides. Il
se place sur l’angle sans effort, se comporte alors de manière
neutre et accepte docilement une correction de trajectoire. Son cadre
treillis en acier se tord bien un peu, mais on ne lui demande pas d’être
précis comme une machine de circuit. Les 460 cm3 du mono à
injection sont un joli paquet de muscles qui permettent de s’envoler
très rapidement vers les 100 km/h et au-delà. Ils vous permettront
de vous exprimer sans complexe sur la troisième bande de l’autoroute,
facile jusqu’à 120 km/h, de manière plus élastique
jusqu’à 160 km/h compteur. La poussée est franche
dans la plage d’utilisation la plus usuelle. Les accélérations
sont un vrai plaisir, elles procurent de réelles sensations qui
placent ce scooter bien au-delà des véhicules « utilitaires
». Cette réserve de puissance permettra de s’en aller
à deux sans perte d’efficacité, excepté tout
de même pour la vitesse maxi. Ces capacités et le comportement
très sain amènent (naturellement) à cravacher ferme
et il faut reconnaître que même à ce régime,
jamais l’engin ne s’est réellement montré en
défaut. Si ce n’est sur revêtements bosselés,
comme pour tous les scoots, à part le Yamaha T-Max.
Suspensions
Les suspensions
fermes y sont évidemment pour quelque chose. Le débattement
est court (100 mm à l’avant, 110 mm à l’arrière)
et le réglage dur. Si cela s’avère souvent efficace,
ce n’est pas vraiment confortable. De plus, l’inertie du bras
oscillant à l’arrière est beaucoup plus importante
que celle de la fourche avant ; sur les chocs rapides (raccord de chaussée,
nid de poule, etc.), il n’amortit pas pareil que l’avant,
on a même l’impression qu’il n’amortit pas du
tout, cela tape dur. Après un coup de raquette dans le dos, le
message est reçu, l’apprentissage se fait rapidement, il
vaut mieux anticiper et s’alléger en prenant appui sur les
pieds. Là encore, il s’agit d’une caractéristique
récurrente pour nombre de gros scooters.
Freinage
Le
Scarabeo bénéficie d’un système original de
freinage intégral. La poignée de droite commande simultanément
le disque de frein arrière et un des deux disques avant, avec pour
effet immédiat de stabiliser le scooter dans toutes les circonstances.
Il ne pique pas du nez, il s’arrête énergiquement et
sur sol mouillé, il apporte une assurance rare. Même en virage,
si vous avez pêché par excès d’optimisme (c’est
vite arrivé), ce freinage intégral vous permet de ralentir
sans affecter le comportement général, vraiment étonnant
! La poignée de gauche actionne l’autre disque de frein avant
pour un freinage carrément sportif quand les deux poignées
sont actionnées simultanément. Sans écolage particulier,
vous utilisez le frein arrière de manière dosée quand
plusieurs années de pratique sont nécessaires sur d’autres
motos...
Protection
Le
« scarabée » est sensible au vent latéral et,
les jours de grand vent, il vaudra mieux rouler bien au milieu de la route.
Sur autoroute, il n’apprécie pas non plus le sillage des
camions ou mono-volumes, il oscille pas mal et cela devient franchement
stressant au-delà de 140 km/h, vous obligeant à rendre la
main. L’aérodynamique a privilégié la protection
du pilote et l’a bien réussi. Derrière la généreuse
carrosserie, on ne ressent pas de remous, même les jambes sont bien
protégées. Pour l’avoir essayé en tenue de
ville, je n’ai ressenti aucune gêne, le pantalon ne remonte
pas le long du mollet, les manches ne remontent pas le long des bras,
le tête n’est pas ballotée ; simplement, à partir
de 100 km/h, apparaît une légère pression de l’air
dans le dos. Le passager bénéficie du même confort,
avec la pression dans le dos en moins, seuls les pieds ne sont pas protégés.
Sous la pluie (et j’en ai eu), les seuls membres en contact direct
avec la pluie sont les bras, les épaules et la tête, le reste
du corps est bien protégé, recevant l’eau qui ruisselle
du casque. Donc avec une bonne veste et un simple pantalon anti-pluie
vous pourrez affronter tranquillement les éléments. Ici
aussi on retrouve les avantages du scooter, il est vraiment permis de
l’utiliser sans d’abord passer plusieurs minutes à
s’équiper, avec ses vêtements et chaussures de tous
les jours.
Transmission
Une autre grosse
différence avec les motos est sa transmission automatique. Pas
de poignée d’embrayage, pas de sélecteur de vitesse,
tout juste faut-il s’occuper de donner des gaz. L’embrayage
centrifuge nécessite de lancer le moteur pour qu’il accroche
et que le scooter se mette en mouvement. Cela demande un peu de doigté
au début. Le démarrage est un peu décevant, durant
les 40 premiers km/h, l’ensemble peine quelque peu, au-delà,
le moteur se cale sur un régime coupleux et y reste scotché
jusqu’au moment où le variateur atteint le plus grand développement,
alors le régime moteur suit l’évolution de la vitesse.
Cela produit ce son caractéristique des scooter, un son continu
sur une seule fréquence, pas vraiment le point le plus intéressant.
D’autant plus qu’avec sa gamelle de presque 500 cc on était
en droit de s’attendre à un son plus velu, il n’en
est rien, ça sonne comme un cyclo, les aigües en moins.
Consomation
Voici que le témoin d’essence s’allume, bonne surprise,
j’ai parcourru 300 km avec le plein précédent, l’ordinateur
de bord annonçait 19 km/l (ce qui fait 5,26 litres par 100 km),
avec le plein suivant (16 litres sur 17 que peut contenir le réservoir
au maximum) et une tendance un peu moins acharnée à tourner
la poignée des gaz, je parcourrai même presque 330 km, soit
une consomation de moins de 5 litres aux 100 !
Conclusion
Le Scarabeo est un scooter qui a reçu un gros moteur. Il a conservé
les qualités que l’on attend d’un scooter, maniabilité,
mobilité et simplicité d’utilisation. Il a gagné
des aptitudes sur longue distance en restant très économe,
son confort est pour une partie excellent (position, protection) et discutable
pour l’autre (suspensions). C’est aussi un bel objet au design
soigné et original, il a un côté très distingué
et regorge d’équipements. Son prix est élevé
mais il offre en échange des prestations très sérieuses
et en bonus, une utilisation en duo très convaincante.

Fiche technique Aprilia Scarabeo 500 – 2003
Moteur
* Type Monocylindre, 4T, ref. liquide, 4 soupapes avec arbre à
cames en tête (SOHC), Injection électronique.
* Cylindrée (al. x cse) 460 cm3 (92 x 69 mm)
* Puissance maxi 39 ch (29 kW) à 7 250 tr/min
* Couple maxi 4,7 m.kg (41 N.m) à 5 500 tr/min !
* Démarreur électrique
Transmission
* Variateur automatique
* Transmission primaire à courroie trapézoïdale
* Transmission secondaire réducteur à engrenages
* Embrayage automatique centrifuge
Partie cycle
* Cadre Treillis en tubes à haute résistance, double berceau
* Suspension avant Ø tubes 40 mm, débattement 100 mm
* Suspension arrière, moteur faisant fonction de bras oscillant,
double amortisseur avec réglage de la précharge ressort,
déb. à la roue 110 mm
* Système de freinage intégral
* Frein Av (étrier à x pist.) 2 disques Ø 260 mm
(2 juxt.)
* Frein Ar (étrier à x pist.) 1 disque Ø 220 mm (2
opp.)
* Pneumatiques Av. 110/80 x 16" ; Ar. 140/70 x 16"
Dimensions / Poids
* Longueur max. 2 310 mm
* Largeur max. 785 mm
* Hauteur max. 1 435 mm y compris pare-brise
* Hauteur selle 800 mm
* Entraxe 1605 mm
* Réservoir (réserve) 17 litres (2)
* Poids tous pleins faits 237 kg.
Pratique
* Garantie 2 ans pièces et M.O.
* Prix 7.349 € en mai 2003
Importateur :
RAD - Drongen
Landegemstraat 4
Industriegebied
9031 DRONGEN
Tél 09 / 282.94.10
e-mail : info@rad.be
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