Aprilia Pegaso Strada
(par Pierre Herrent, janvier 2007)

Dans les nuages sur le dos de Pégase
Le Pegaso Strada nous revient avec un look plus affirmé
et animé par un coeur vaillant, il pourrait facilement devenir
la référence en matière de trails routiers légers
Design complètement nouveau
Entre l'anorexie d'un super-motard et les rondeurs
d'un trail, le Pegaso n'hésite pas à innover. La fourche
est bien dégagée pour exprimer la sportivité d'un
supermot' mais son débattement est bien celui d'une routière,
sa taille svelte le fait paraître élancé pourtant
il n'est pas haut sur patte avec une selle à 780 mm, il réussi
à faire partie de ces rares motos accessibles aux moins grands.
L'orange fluo, le bleu métallique des jantes attirent le regard,
ainsi que la grande tête de lion sur les flancs. Le volume du réservoir
donne de la présence tandis que la tête de fourche reste
très discrète avec un saute vent presque inexistant, les
deux se mêlant l'un à l'autre avec l'aide d'éléments
gris. Les deux pots sous la selle sont subtilement habillés par
un carénage tout en courbes, les jantes façon Marchesini
et les étriers de freins Brembo parachèvent le travail de
séduction.
Prise en main en deux temps
Malgré ses airs sportifs, la position est neutre,
le dos est droit, les bras sont posés sur le cintre sans tirer
d'un centimètre le buste vers l'avant, les jambes sont normalement
pliées. La selle n'a rien d'un supermot' non plus, sans excès
de largeur, elle permet d'être confortablement assis, seule sa légère
inclinaison vers l'avant peu parfois devenir gênante. Le premier
abord est, nous le voyons, très accueillant.
Un
coup de démarreur et le mono s'ébroue, son injection se
charge de le faire tourner à froid, nous ne devons plus nous occuper
de rien. Le maniement d'un mono-cylindre demande un certain doigté
et sur les premiers kilomètres. Caractériel sous les 2.000
t/min, il faut éviter d'y mettre du gaz car il n'aime pas cela
du tout et vous le fait savoir en protestant par des vibrations et des
sons inquiétants, il est même capable de bloquer net avant
de reprendre, surtout à froid. Il accepte de reprendre à
partir de 2.000 t/min, faisant mieux que sur la Yamaha MT-03 pourtant
équipée du même Rotax mais inexploitable sous 3.000
t/min. Entre 2 et 3.000, le Pegaso avance très sagement et il ne
faut hésiter à donner des mouvements francs de poignets
pour lui tirer quelques watts. C'est surtout à partir de 5.000
t/min qu'il va se créer une réputation, il pousse alors
très fort avec une belle progression dans les tours jusqu'à
6.000 t/min où il finit par s'essouffler et terminer sans intérêt
supplémentaire sur le rupteur à 7.000 t/min. Ses 50 cv vous
emmèneront au besoin à plus de 170 km/h, ce qui n'est pas
mal pour un mono-cylindre.
Ni mou ni agressif, il permet de flâner tranquillement,
un registre qui était difficile à tenir avec la Yamaha,
beaucoup plus explosive. A régime constant, le moteur hésite
constamment, c'est un trait typique du mono-cylindre pour lequel l'injection
à du mal de se régler sur le seul cylindre. La plage d'utilisation
limitée de ce moteur oblige à beaucoup utiliser la boite
de vitesse et celle-ci s'y prête volontiers, elle est légère
et verrouille bien, l'embrayage est extra-léger, mais possède
une course très courte qui demande du doigté.
Pégase au galop
Nous
profitons d'un mode promenade convaincant, complété par
des suspensions qui avalent tout et épargnent notre dos et nos
poignets des chocs, y compris sur les casse-vitesse et autres nids de
poule. Le train avant est stable, peu sensible aux ornières ou
au vent latéral. Très joueur grâce au large cintre,
il combine stabilité rassurante et agilité. Le pneu de 160
à l'arrière contribue à la légèreté
du pilotage. Avec ses 168 kgs à sec, le Pegaso se laisse évidemment
manier le plus simplement du monde, nous en profitons tout le temps, que
ce soit dans les manoeuvres ou sur la route. Et inutile de préciser
que les passages urbains sont un vrai plaisir.
A tout moment, il suffit de monter dans les tours pour
se retrouver sur une Aprilia très dynamique capable de nous jeter
en avant pour un dépassement éclair ou tout simplement nous
caler dans le fond de la selle pour le plaisir. Le double échappement
est réglé sur le mode discret, le Pegaso étant nettement
moins expressif sur ce point que la MT-03, il nous fait davantage penser
à la BMW GS 650. L'acoustique des Aprilia est d'origine "civilisée".
Comme le petit saute-vent pouvait le laisser penser,
il n'y a pas de miracles, à 120 km/h, le vent est sur le buste,
tire sur le casque et la nuque et oblige les bras à se contracter
pour tenir le buste droit, la protection au vent est insuffisante pour
espérer effectuer une liaison prolongée avec un bon niveau
de confort. Il faut se reculer sur la selle et se pencher légèrement
en avant pour compenser la pression, mais impossible d'échapper
au flux d'air, quand on vous disait qu'on était dans les nuages...
Le freinage à simple disque n'a pas le mordant
d'une Tuono mais la puissance nécessaire pour assurer des freinages
nets sans jamais être brutaux. Le frein arrière permet de
contrôler sa vitesse efficacement en ville ou s'amuser avec le pneu
arrière.
Une personnalité riche
Les petits rétroviseurs ronds ne sont pas un
premier prix de beauté et renvoient une image de petite taille
mais bien lisible, grâce aussi à l'absence de vibrations.
Le tableau de bord profite de l'électronique partagée sur
toute la gamme Aprilia et Moto Guzzi, avec encore une fois une sélection
des informations affichées qui nous fait bien rire, sur la Pegaso
Strada "il" a été jugé utile de nous informer
sur le niveau d'essence par une jauge à graduations, la température
moteur par graduations, l'heure, la vitesse et deux partiels comprenant
le kilométrage, le temps total de route, la vitesse maximale et
un chrono. Pas de température extérieure, ni de consommation
ou vitesse moyenne. Le tout se commande depuis le commodo gauche par un
"joystick" situé au-dessus de l'indicateur de direction,
pousser un coup à gauche ou à droite pour afficher de manière
"circulaire" les informations, appuyer pour remettre un partiel
à zéro, ce qui remettra le temps et la vitesse max à
zéro également, pour ce partiel là. Au total, un
système bien pensé, même s'il nous est arrivé
de le confondre avec le clignotant et vice-versa.
L'écran
digital affiche un dessin à l'allumage, cela ne sert à rien
mais c'est sympathique. Un rangement sur le sommet du réservoir
permet d'accéder au bouchon du réservoir ainsi qu'à
un espace pour déposer un téléphone, un agenda, ses
cigarettes, ses clés, etc. Son ouverture est électrique
et se commande par un bouton sur le commodo gauche, il faut donc que le
contact soit mis pour l'ouvrir, un tapis en caoutchouc sur le fond empêche
aux objets d'être martyrisés ou de se balader. Un espace
est aussi disponible sous la selle mais pourra tout juste contenir un
vêtement de pluie bien roulé ou un bloque-disque. Une quantité
d'accessoires de rangements supplémentaires a été
imaginée par Aprilia pour rendre la Pegaso encore plus pratique
(voir photos du salon
de Bruxelles 2007).
Nous avons été séduits par l'étendue
des possibilités du Pegaso Strada. Fin et d'allure sportive, il
peut à la fois être dynamique et simplement agréable.
Toujours facile à manoeuvrer grâce à des commandes
très douces, une hauteur de selle limitée, il est confortable
et présente de nombreux aspects pratiques pour le quotidien. Une
période d'apprentissage est nécessaire pour se familiariser
avec le mono-cylindre bien qu'il soit plus facile que d'autres. Son allure
dynamique ne devra pas effrayer les motards et motardes qui le confondraient
avec un super-motard, il est bien plus subtil et confortable que les bêtes
de course dont il s'inspire. Il fait clairement de l'oeil au public féminin
à la recherche d'une moto pas trop haute, légère
à manoeuvrer, assez puissante pour s'insérer volontairement
dans le trafic mais point trop pour rester maître de la situation.
Et son tarif très étudié nous permet d'en disposer
pour un prix léger.
PH
APRILIA PEGASO STRADA - 6.490 €
FICHE TECHNIQUE
Moteur
Monocylindre, 4 temps à refroidissement liquide, arbre à
cames en tête entraîné par chaîne, 4 soupapes
Alésage et course 100 x 84 mm
Cylindrée 659 cc
Taux de compression 10:1
Puissance maxi 50 cv (37 kW)à 6250 tr/min
Couple 59 Nm à 5000 tr/min
Injection électronique
Lubrification à carter sec avec pompe
Boîte de vitesses à 5 vitesses
Embrayage à disques multiples en bain d’huile avec commande
mécanique
Transmission finale à chaîne
Partie cycle
Cadre monopoutre en acier à berceau ouvert
Suspension avant fourche télescopique hydraulique avec tubes Ø
45 mm. Débattement roue 140 mm
Suspension arrière bras oscillant en acier haute résistance,
suspension progressive à biellettes avec système APS (Aprilia
Progressive System). Amortisseur hydraulique Sachs réglable en
détente et précharge du ressort. Débattement toue
130 mm
Freins
Av. Brembo à disque flottant en acier inox Ø 320 mm. Etrier
à quatre pistons opposés.
Arr. Disque en acier Ø 240 mm.avec étrier flottant
Jantes en alliage, à rayons dédoublés
av.:3,50 X 17 ”
arr.:4,50 X 17 ”
Pneus
av.:110/70-17
arr.:160/60-17
Chiffres
Longueur maxi: 2160 mm
Largeur maxi: 810 mm
Garde au sol: 250 mm
Hauteur de selle: 780 mm
Empattement: 1479 mm
Réservoir capacité 16 litres, dont réserve de 3,5
litres
Poids: 168 kg à sec
Consommation: 5,2 litres/100 km
Accessoires
Bulle réglable sur deux positions, levier de frein avant réglable,porte-paquets,
top case 32 l. top case 45l.valises latérales semi-rigides, couvre
réservoir et sacoche réservoir, selle rehaussée (820mm)
Pegaso 650 Strada est disponible également en version bridée
25kW.
Pegaso 650 Strada est un véhicule écologique que respect
la norme européenne d’homologation Euro 2.
Importateur
MOTOTRICOLORE
Lange Dreef 13b
4131 NJ VIANEN
www.mototricolore.com
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