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BMW R1100 RS 1997
par Patrick Roelens
UNE ROUTIERE SERIEUSE
Dans ma "carrière"
de motocycliste, la BMW R1100RS a toujours représenté une
machine combinant le côté grand-tourisme à une ligne
sportive. De plus, le renom de la marque munichoise a de quoi séduire
et j'espérais secrètement pouvoir concrétiser ce
rêve de gosse dont la "réalité économique"
m'avait jusqu'à présent privé. Aussi, lorsque CYBERbike
m'a dit:"Pat, cela t'intéresse de nous faire un essai de la
R1100RS?", mon sang n'a fait qu'un tour et les jours me séparant
de la belle me semblaient une éternité. Mais,ce coup de
coeur allait-il se concrétiser sur le terrain?
La prise de contact ne se passe
déjà pas trop mal. Tout y est: la ligne fluide mais massive,
les chromes de qualité (dommage toutefois le bleuissement des pots),
les accessoires de qualité (ABS, pneus Metzeler MEZ2, double disque
avant Brembo, systèmes de suspension évolués et réglables
depuis 97) et surtout, cette construction très germanique qui donne
l'impression d'en avoir pour son argent. La peinture est de qualité
et les teintes s'adaptent bien à lorientation de la moto.
Au niveau de l'instrumentation, les informations sont regroupées
en deux endroits: la console centrale (tachymètre, compte-tours
et batterie de voyants) ainsi que le display (montre, température
d'huile et jauge d'essence doublée d'un voyant dans la console).
La selle est large et confortable elle permettra au pilote et à
sa passagère d'abattre de longues étapes dans un confort
réel; pas de divorce en vue, quoi! Le kit ergonomique permet, lui,
dadapter la moto à toutes les morphologies, du moins en théorie.
Dès que l'on soulève la selle (réglable en 3 positions),
on découvre un espace de rangement convenable et une trousse à
outils somptueuse qui vous permet de parer les problèmes les plus
courants. De plus, la présence du cardan vous permet de vous passer
de la traditionnelle bombe de graisse de chaîne. En fait, tout cela
inspire confiance et donne une impression de solidité et de résistance
aux attaques du temps et des kilomètres. Je dois aussi préciser
que la machine mise à ma disposition disposait des valises BMW
qui dans le genre représente ce qui se fait de mieux. Pensez donc,
remplir gentiment les valises et, le matin, simplement les accrocher aux
deux supports
Pas d'élastiques, pas de sac sur la selle; tout
bien rangé (et au sec!) et à l'étape, rebelote, on
décroche les valoches et bonjour la téloche
Ceci dit, les premiers tours
de roues confirment qu'on a affaire à une grosse moto bien équilibrée,
le centre de gravité est près du sol ce qui favorise
les évolutions à basse vitesse et la maniabilité
en général. Les commandes sont douces mais la course de
la poignée de gaz est un peu longue et pour "ouvrir en grand"
on doit souvent s'y prendre à deux fois. De plus, la direction
montée souple donne lors des premiers kilomètres une impression
bizarre mais cela s'estompe rapidement. Une autre particularité
est l'effet anti-plongée obtenu via le système de suspension
avant"Telelever". En effet, ce procédé permet
un freinage puissant sans avoir de tassement de la fourche. Cela permet
donc de dissocier la fonction suspension du freinage. Dans la pratique,
c'est un plus indéniable en matière de sécurité
qui, couplé au système ABS, permet de s'arrêter dans
les pires situations. Une autre caractéristique du système
"Telelever"est que Miss RS freine à plat et il faut le
savoir, car au début, elle vous semblera rétive en entrées
de courbes. De son côté le moteur distille un couple sympathique
dans une sonorité très discrète. La puissance est
appréciable mais la grosse cavalerie se situe dans la plage supérieure
du compte-tours. La souplesse nest quacceptable et il ne faut
pas trop forcer la dose sur les rapports
supérieurs sinon on s'expose
aux cognements réprobateurs du moteur. L'embrayage mécanique
à sec est progressif mais ferme. Quant à la boite, elle
nest pas des plus précises: on y rencontre parfois l'un ou
l'autre faux point mort lors de passages précipités ou mal
décomposés.
La moto, et spécialement
une BMW, c'est fait pour "tailler" la route. Nous avions donc
programmé une petite virée dans les Vosges et la Forêt-Noire,
question de tester la belle dans les meilleures conditions.
La première partie de
l'itinéraire se fait sur autoroutes (+/-250 km) et me permet de
juger du potentiel de la" bête" à vitesse soutenue.
Stabilité, confort et des qualités routières de très
bon niveau. Néanmoins,la protection accordée par le haut
de carénage n'est pas exceptionnelle. En effet, en position haute,
la bulle crée des remous désagréables et bruyants
autour du casque. En position basse, par contre, le bruit a disparu mais
on reçoit beaucoup de vent sur le buste. Des deux positions, cette
dernière me semble la"meilleure". D'autre part, au niveau
du guidon et des rétroviseurs certains frétillements sont
perceptibles, preuve que malgré le montage souple, toutes les vibrations
ne sont pas contrôlées. Du côté consommation,
je n'ai pas dépassé, sur ce parcours autoroutier, les 5.5l
(à 140 km/h compteur).
Peu après
avoir ravitaillé au Luxembourg (réalité économique
volet 2), l'itinéraire me permet d'aborder le vif du sujet: les
routes sinueuses vosgiennes. Les premières courbes sont abordées
avec modération mais dès que l'on a trouvé le mode
d'emploi: entrée de courbe calme et gaz en vue de la sortie, les
virages s'enchaînent et le rythme s'accélère. Le centre
de gravité facilite les prises d'angle (attention aux cylindres!)
et le châssis distille une impression de sécurité
permettant d'attaquer les virages sans aucune appréhension. De
plus, les réactions du cardan sont bien maîtrisées
par le système Paralever et le train avant, couplé au double
disque, me permet d'effectuer une première journée de 600km
dans un confort de premier ordre.
Après une soirée
de bonne chère (pas trop chère) et surtout une nuit salvatrice
néanmoins perturbée par un voisin ronfleur, nous entamons
le deuxième volet du triptyque franco-allemand. Aujourd'hui on
attaque le sud de la Forêt-Noire avec quelques montées sympathiques,
des épingles et autres joyeusetés. Un parcours très
varié permettant de confirmer ou d'infirmer les impressions de
la veille. Dès l'attaque des premiers contreforts de la Schwartzwald,
les qualités pressenties sont confirmées. Toutes les montées
et descentes sont abordées avec confiance grâce au couple
moteur et aux puissants "Brembo". Quant aux gravillons ils ne
me causent aucune frayeur grâce à l'ABS; prudence quand même
lors des freinages sur les revêtements tourmentés, car ce
même ABS semble avoir des difficultés à les assimiler.
Tout comme la suspension avant dailleurs, car elle multiplie les
coups de raquette. Les courbes lentes et rapides, les épingles
et autres particularités géographiques sont chacune des
moments de plaisir intense car l'équilibre général
du châssis donne limpression que la limite se trouve très
loin. Néanmoins,il ne faut pas non plus faire preuve d'un optimisme
béat lors de l'entrée en virage car l'engin est là
pour vous rappeler son poids et son volume, et il aura tendance à
se raidir et à perdre sa belle homogénéité.
Les qualités de la sellerie et de l'ergonomie m'ont permis de passer
cette journée sans courbatures ni douleurs particulières
mais il est à noter que les petites imperfections du bitume sont
malgré tout retransmises avec une certaine sécheresse (on
retrouve les coups de raquette). La consommation s'est établie
à 5.2 l/100 km.
En ce qui concerne la circulation
motocycliste en Allemagne , je tiens à signaler que dans la région
de Fribourg, je me suis trouvé-à mon insu-sur une superbe
route interdite aux motos (mais oui!). Ce sont des motards allemands
qui, lorsque je me suis arrêté, mont fait remarquer
que javais circulé en zone interdite (sic) et que javais
beaucoup de chance que les pandores de service étaient absents
(sinon coût 100 marks). La deuxième soirée fut plus
calme (réalité économique volet 3) et comme toutes
les bonnes choses ont une fin il était temps d'aborder le chemin
du retour vers nos chaumières. L'itinéraire passant par
le Mont Sainte Odile, le Col du Donon et la campagne française
me permit encore de confirmer les impressions précédentes.
C'est vraiment une machine très à l'aise sur tous les types
de terrains et on a effectivement affaire à une super routière
déguisée en sportive qui adore les routes secondaires où
les virages s'enchaînent. La
consommation a été identique à celle du jour précédent.
Durant
ces trois jours où j'ai pu apprécier le ronronnement de
la teutonne dans les forêts germaniques une constante s'est toujours
imposée à moi: "Sérieuse". C'est vraiment
le qualificatif adéquat pour définir la BMW R1100RS et cela
constitue aussi sa principale qualité car tous sont traités
dans ce sens .Il est"normal"aussi que, dès lors, la note
proposée lors de l'achat soit du même acabit et cela constitue
pour moi un de ses défauts qu'il convient de tempérer par
l'assurance d'avoir un produit de qualité qui tiendra sa valeur
pendant de longues années. Un investissement en somme.
Prix du modèle testé:............................................................
461.900 Fb
Options montées sur la
machine dessai
- Poignées chauffantes
..................................................7.500 Fb
- ABS II......................................................................50.000
Fb
- Carénage intégral.......................................................25.000
Fb
- Support valises+porte bagages....................................6.800
Fb
- Valises......................................................................17.628
Fb
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566.528 Fb
P.R.
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