BMW R 1150 R - 2001

(par Patrick Roelens, octobre 2001)

On l'enlace sans qu'on s'en lasse.

De certains essais, on sort des pages sans passion tandis que pour d'autres, la subtile magie de la complicité nous gagnera et nous apportera ce je ne sais quoi qui rendra une moto et un essai craquants. La 1150 R est de ces machines a priori classiques voire un peu fades mais qui s'avère vachement amusante avec même un petit côté coquin.

La personnalité de la belle est complexe car, sous des airs BCBG réservés, se cache une âme de diablesse bien enveloppée dans un tailleur certes classique mais dénudant bien des charmes.

 

Premier contact

La première rencontre, vous savez, se passe toujours bizarrement surtout que j'avais choisi de me faire charmer par une belle sans maquillage et sans accessoires complémentaires. En fait, la BM qui m'intéressait était le modèle de base, sans aucune option, pure nature. Je me suis imposé cette option simpliste, car je voulais essayer la machine de monsieur tout le monde, sans la débauche d'options dont nous gratifie souvent l'importateur. Je me suis donc trouvé directement confronté au concept bien connu combinant à la fois un moteur boxer à quatre soupapes par cylindre et les 2 systèmes de suspension Telelever (avant) et Paralever (arrière). Rien de bien révolutionnaire, car excepté la molette de réglage de suspension arrière très pratique, rien ne vient heurter les valeurs bien établies de l'ancienne R1100 R. En faisant un pas en arrière, on se rend compte que nos ingénieurs germains ont redessiné drastiquement le nez de la belle et que, dans un même élan esthétique, ils ont intégré les deux radiateurs d'huile dans la structure du réservoir et restylé le garde-boue avant. Un lifting tout à fait judicieux d'ailleurs.

 

La "retenue" est aussi de rigueur pour le nouveau système de freinage EVO qui, mine de rien, apporte un plus manifeste en matière de sécurité en permettant d'avoir un ralentissement très efficace avec peu d'effort (attention quand même car il faut s'habituer). Cette même tendance se retrouve lors du premier contact... moteur .

Notre plantureuse compagne fait preuve d'une grande discrétion sonore et manque même un poil de peps au niveau des sensations acoustiques. Décence on vous a dit: les voisins apprécieront.

 

L'estocade

La prise en mains (!) ne pose aucun problème et, dès les préliminaires, on est étonné de ne pas être. étonné: juste un petit bruit de boîte vient troubler ces premiers moments d'intimité mais comme vous le savez, les prémices déterminent souvent la suite des événements...

La magie commence à faire son effet et les premiers vrais tours de roues confirment cette symbiose harmonieuse. On s'étonne du coffre de la belle, de sa souplesse et de sa disponibilité dès les plus bas régimes. On s'ébahit de sa facilité à se coucher dès les premières ondulations routières grâce à ce train avant ne demandant qu'à suivre la ligne fictive tracée par nos yeux.

Naturellement, vous diront les connaisseurs, "au début tout est toujours parfait" et pour voir si cette relation peut vraiment être sérieuse, il est nécessaire de l'emmener pour un petit week-end en tête-à-tête. Cette petite escapade se fera dans le cadre bucolique des forêts germaniques et de la vallée du Rhin. Rien d'exceptionnel en soi, mais un chouette terrain de jeu pour nos amours naissantes. L'aventure commence par un long ruban gris et rectiligne qui n'a d'intérêt que celui d'abréger la distance nous séparant du lieu de nos ébats.

Notre Teutonne n'a pas trop de problèmes sur ce genre de terrain et malgré sa nudité, elle garantit une protection convenable jusqu'à 140 Km/h. C'est d'ailleurs une allure où cette allumée s'enflamme seulement!

 

La belle sort ses griffes

Après cette entrée en matière, le plat consistant devait permettre d'effacer un goût de trop peu et les premières sinuosités sont abordées avec un enthousiasme élec-trique... Et là pas de déception, mes amis, on la retrouve notre belle car elle cache bien son jeu: c'est en fait une fausse boulotte qui fait preuve d'une agilité étonnante. Elle peut même se mesurer à de bien plus fines Italiennes et à de sportives geishas; jamais vous n'aurez l'air ridicule à son bras, car elle pourra leur mettre une "caisse" avec classe et dédain. Pas de bruit intempestif, uniquement des flammèches sous les pose- pieds et bonsoir la compagnie...

 

Bassin un peu large

Seul petit bémol, la largeur des hanches (au niveau de l'habillage du réservoir) de notre R a tendance à vous écarter les genoux et ainsi à diminuer le contact intime avec la machine.

Pour le reste, elle sait tout faire et quand des envies de folâtrer m'envahissent et que la muse m'habite (pas de contrepèterie déplacée SVP...) ma BM se plie à mes exigences et se transforme en "trail" l'espace d'une après-midi pour m'emmener dès le lendemain au turbin en se faufilant avec élégance et légèreté dans les voitures et camions bruxellois.

 

L'amour est aveugle

Ne pensez pas que l'amour m'a rendu aveugle, car des défauts, elle en a: notamment des petites vibrations vers les 5.000 t/m, une boîte restant désagréable même si elle se rapproche des standards nippons, une suspension arrière un poil dure sur les petites bosses. Ceci dit, en faisant abstraction de ces quelques remarques on se retrouve avec un engin sachant tout faire et surtout très conciliant. La balance parfaite entre l'épouse et la maîtresse...

Notre belle possède d'autres qualités; ainsi son sens de l'économie. En effet, je n'ai jamais réussi à lui faire ingurgiter plus de 6.15 litres aux 100 Km. Sortez-la, je vous dis, elle est économe. Pourtant, elle a ce qui faut où il faut...

D'aucuns me diront que j'exagère, car enfin elle n'a que 85cv cette machine. Mais je vous dirai que les motos c'est comme les femmes, mieux vaut un 85 bien palpable qu'un 150 bonnets E qui déborde de partout. De plus, je peux vous garantir que jamais pendant mon périple, je ne me suis trouvé à court de puissance exploitable.

D'autres me parleront de la note à payer pour pouvoir jouir de ses charmes... D'accord, mais pour notre bourgeoise, on ne paie qu'une fois et on la garde longtemps.

  

Voilà, en un  mot comme en cent, je me suis bien marré et j'étais tellement enthousiaste en revenant de mon essai que j'ai déjà converti un collègue dont le stylo est encore chaud du bon de commande qu'il vient de signer...

 

FICHE TECHNIQUE BMW R 1150 R -2001

 

Moteur

Type : Moteur Boxer 2 cylindres à plat 4 temps, 4 soupapes par cylindre                       

Cylindrée : 1130 cc                      

Alésage x course: 101 mm x 70 mm               

Puissance: 85 Cv (62.5 kW DIN) à 6750 tr/min

Couple: 98 Nm à 5250 tr/min              

Refroidissement: air/ huile

Gestion moteur: Bosch Motronic MA 2.4 avec coupure de l'alimentation

                                                            en décélération

Catalyseur: double catalyseur trois voies à sonde lambda de série           

Boîte de vitesses: 6 vitesses                       

Rapport de pont arrière: 2,82/1

 

Partie cycle

Fourche: Telelever BMW

Débattement: 120 mm

Bras oscillant: Paralever BMW

Transmission : cardan 

Combiné ressort-amortisseur: central avec détente réglable en continu et compres. A 7 niveaux

Débattement: 120 mm

Freins avant: double disque flottant  320 mm.

           arrière: monodisque  276 mm

Pneumatiques avant: 120/70 - ZR 17 (sans chambre)

                       arrière: 170/60 - ZR 17 (sans chambre)

                                   

Dimensions et poids

Capacité réservoir: 20.4 1 dont 4 1 de réserve

Hauteur de selle à vide: 800 mm          

Poids en ordre de marche (tous pleins faits) : 238 kg

Poids total maximum autorisé: 450 kg       

Performances: 

Vitesse maximum (sur circuit): 200 km/h

Prix TTC:

10.585 euros (427.000 BEF)

 

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