Ducati ST2 - 2000

(par Olivier Darge)

 

Polyvalente et originale

 

Dans l'esprit motard, la marque Ducati est une évocation de motos sportives au design racé et avec un fort caractère. Celà se confirme avec des modèles très typés comme les 916, 748, Mostro 900 et avec les nombreux succès en Superbike de la 996. A côté de ces motos très orientées sport et conduite " velue ", Ducati a néanmoins crée une moto plus sage, plus confortable, facile à utiliser et apte à voyager. Il s'agit de la ST2 (Sport Turismo 2).

J'étais assez excité à l'idée de tester cette Ducati, car c'était mon premier essai d'une " desmo " made in Italy pour Cybermotorbikes. Pour un premier essai, celui-ci se fait plutôt en douceur car cette ST2 jouit d'une ergonomie, d'un confort et d'une position typée sport-GT, un peu comme une certaine HONDA VFR, reconnue depuis plusieurs années comme l'archétype de la routière sportive.
La ST2 est globalement plutôt jolie, surtout dans son coloris rouge, mais par contre je trouve l'arrière plus banal, moins aggressif. Bref, ca ne provoque pas le même plaisir, le même fantasme qu'une 996. Chacun jugera avec ses propres goûts de toutes façons !
Tout exclusivité est ici bannie. On est bien installé, les commandes sont bien positionnées pour un usage mixte sport ou balade, les rétros sont étonnement lisibles, avec l'extrémité du miroir asphérique afin de minimiser l'angle mort, la possibilité de monter des valises rigides Ducati (en option), une béquille centrale, et une poignée de maintien passager. Bref, tout a été bien étudié en vue d'une utilisation polyvalente.
Le design et la finition du tableau de bord ne peut renier ses origines sportives, même si un cadran supplémentaire permet le contrôle de la température de l'eau (de refroidissement) et le niveau d'essence.

La finition générale est très bonne, et ne dénote pas face aux exigences actuelles. Reste à voir la tenue dans le temps et la résistance à la corrosion, et particulièrement la corrosion hivernale, souvent défigurante pour les motos. Pourtant il s'agit bien ici d'une moto conçue pour les roule-toujours et non d'une hypersportive prévue uniquement pour la sortie dominicale (mais elle peut aussi faire les deux !) par une température supérieure à 15°C.

Chacun choisira évidemment l'usage qu'il en fera, mais il faut reconnaître que cette moto est très accessible et pourra satisfaire beaucoup de monde.

Grâce à l'injection électronique et à l'accélérateur manuel des gaz le démarrage se fait sans difficultés, la moto émettant un bruit assez sourd mais sérieusement étouffé, tandis que le moteur émet beaucoup de bruits métalliques. Habitué au bruit d'échappements Ducati équipés de silencieux en carbone je suis un peu déçu de ne pas retrouver ici la même musique. Les normes de bruit ont décidément enlevé du caractère à ce moteur au delà du nécessaire. Cette petite déception continue lorsque je prends la route car le moteur se fera toujours assez discret. Bien sûr, on est bien assis sur un bicylindre en V, quelques trépidations le rappellent, mais la sonorité moteur est un peu dénaturée.

La position reposante et l'ergonomie poussée de cette moto m'ont impressionné. Le guidon est positionné plutot haut par rapport à d'autres sport-gt. Je l'ai même trouvé plus confortable que la VFR, que ce soit pour la position légèrement différente ou pour le moelleux de la selle.
Au premier virage la ST2 affirme sa personnalité : il faut l'inscrire avec un peu de volonté, et il faut travailler un peu plus lorsqu'il s'agit des pif-paf. Mais une fois prise en main, l'efficacité est comparable. En fait la moto incite aussi (comme la VFR) à une conduite plutôt rapide grace à sa partie cycle rigoureuse, mais montre ses limites lorsque les grandes courbes rapides approchent, car la direction ne donne pas une entière perception de stabilité. On a pas vraiment l'impression de contrôle sur le train avant. Attention, je ne dis pas que cette moto est instable, loin de là, mais question perception et sensations de pilotage, c'est un peu flou selon mes goûts. Il me semble que la hauteur du guidon est en partie responsable de ce petit désagrément.
Le reste du comportement est sans défauts : le freinage est puissant, efficace et sans surprises. Les suspensions apportent aussi leur lot de satisfaction en gommant suffisamment les imperfections de la route tout en épargnant le dos et les fesses.

La consommation moyenne de l'essai a été de 6,9 l/100 km. Bien que la ST2 ne soit pas une vraie diva italienne, c'était un vrai plaisir chaque matin avec cette moto, je le reconnais. Sa couleur, son cadre tubulaire doré, sa finition, l'image sportive (ce rouge italien..) et la présence du twin. On est quand même loin d'une moto banale, tout en restant très facile. Mais est-ce une moto d'homme qui se mérite après moultes sacrifices ? Non, pas du tout !

 

 

Points positifs
+ design général
+ confort
+ moteur vivant

Points négatifs
- Sonorité moteur étouffée

Fiche technique Ducati ST2 - 2000

Prix

394.484 Francs belges (prix 2001)

Moteur

Type : bicylindre en V à 90° ; 4 temps, refroidissement liquide ; distribution desmodromique à 2 soupapes

Cylindrée (alésage X course) : 944 cc (94X68mm)

Puissance : 83 cv (54 kW) à 8500 t/min

Couple : 84 Nm à 6500 t/min

Alimentation : injection électronique Marelli

Boîte : 6 rapports

Embrayage : à sec, commande hydraulique

Transmission : chaîne

Partie-cycle

Chasse : 24°

Empattement : 1560 mm

Suspension avant : fourche inversée 43mm ; régl. en précontrainte, détente et compression.

Suspension arrière : monoamortisseur ; régl. en précontrainte, détente et compression.

Frein avant : 2 disques semi-flottants 320mm ; étriers Brembo 4 pistons

Frein arrière : 1 disque 245mm ; étrier Brembo 2 pistons

Pneu avant : 120/70X17

Pneu arrière : 170/60X17

Hauteur de selle : 820mm

Poids à sec : 209kg

Capacité réservoir : 21L (réserve 6 L)

OD


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