Moto Guzzi V11 Sport 2000

(par Nadine MEIRE)

Ah ! Les bons vieux twins !

  Nostalgie, nostalgie…

 

Rétro, ma non troppo… :

Ne cherchez pas d'où vient ce look si atypique, cette moto se veut la pure descendante de la mythique V7 sport des années septante. Guzzi l'a voulue ainsi, jusqu'à la proposer dans une version gris/vert à cadre rouge " d'époque " (pour les inconditionnels, mais moyennant supplément de prix).

A l'heure où certaines marques n'hésitent pas à ressortir leurs anciennes gloires, Guzzi fait plutôt dans le néo-classique et cherche à s'attirer une clientèle plus " jeune " ou branchée plus sport. Car même si elle rappelle le bon vieux V7, Guzzi l'a équipée, plutôt bien d'ailleurs, de matériel digne des actuelles sportives.

Du beau matos:

Fourche Marzocchi entièrement réglable, suspension White Power, freins Brembo série Oro, une très bonne monte Pirelli Dragon,… tout cela respire le bon, le vrai, le solide ! Et pour ceux qui gardent certains préjugés contre les Guzzi, une toute nouvelle boîte 6 rapports (sans claquement, sans faux point mort et avec un vrai point mort :-) ), un embrayage hydraulique (fini le body building !) Pour peu, on croirait presque une japonaise !

Mais le bon gros twin est là et bien là. On ne voit que lui débordant de la moto comme s'il ne pouvait tenir en place. Un coup de démarreur et il s'ébroue joyeusement avec ce superbe ronronnement qui n'appartient qu'à Guzzi. Il joue sa sérénade envoûtante en se balançant au rythme des coups de gaz. Ce son est vraiment unique, c'est un enchantement, mais ça vibre !

Au rythme du twin :

Pas de chance pour moi, le ciel de Belgique a encore viré au gris foncé, version drache nationale. Mais tant pis, maintenant que je l'ai démarrée, je dois l'essayer. Cette sonorité est pour moi comme le chant des sirènes, elle m'attire irrésistiblement vers la route que je trouve belle malgré la pluie.
Je démarre mollo car je ne connais pas encore la réaction des pirelli sur le sol détrempé et je pars donc à petit régime, uniquement bercé par le twin qui se fait doux comme un agneau. Il accepte de repartir à 2500 tours d'un léger tour de poignet, sans cogner. Pourtant, la poignée est sensible, je sens derrière cette douceur apparente, la bête qui ne demande qu'à bondir. La Guzzi enroule tranquille sur son couple démoniaque ; elle semble légère, maniable et je n'ai aucun problème de position. Installée confortablement, en position sportive, mais pas trop. Mes poignets ne risquent pas la tendinite.

Il douche toujours, mais le bon grip des pneus m'incite à ouvrir de plus en plus. Route dégagée, GAAAZ !

Oui, je le sentais, cette moto à du coffre, elle aime se lancer à l'assaut des routes et des beaux virages. Un changement de position, un petit coup de poignet et elle se place sur l'angle pour enrouler les virages l'un après l'autre ; elle est un peu raide, mais une fois placée, elle ne bouge plus.
Doucement tout de même avec les gaz en sortie de virage, le couple omniprésent ne vous fera pas de cadeau. Cela reste une Guzzi ! Vous la voulez, il faut la mériter ! Quand cela est acquis, on ne la lâche plus.

Ensorcelée, je ne pense plus qu'à rouler encore et toujours ; car ce moteur VIT, on le sent omniprésent sous soi et dans les oreilles. Très agréable et bien rempli à mi-régime, il délivre ses sensations carnassières dès 5000 tours pour s'arrêter à 8000 tours, zone rouge oblige.Ca tracte et ça vibre jusque dans les poignées. Je m'accroche et pousse toujours malgré les chatouillis dans les mains.
200km/h. Mes rétros sont devenus "illisibles" et la pression se fait méchamment sentir malgré la protection assez bonne fournie par les compteurs qui font déflecteurs. Elle monte toujours, mais mes bras n'en peuvent plus et je rends la main.

Je reprends mon mi-régime si savoureux et me relaisse bercer par le twin. Et cette nouvelle boîte est un vrai bonheur !

Soudain, une portion de mauvais revêtement me ramène à la dure réalité. Elle n'aime pas ça du tout, saute et se désunit. Je m'agrippe et serre les jambes pour attendre la fin du rodéo. Dommage, donc, la belle a bien un point faible. Sa tenue de route n'est pas exempte de tout reproche, ou en tout cas, elle préfère le beau revêtement. A moins qu'un réglage plus pointu des suspensions parviennent à gommer une partie de ce défaut? Mais j'avoue que je n'y crois pas trop.

On s'arrête ? :

Ah les Brembo ! Sur cette machine, ils font un véritable éloge de la marque ! Ils ne manquent pas de gniac, surtout l'arrière qu'il faut apprendre à doser sous peine de blocage.

En conclusion :

Moto passion ! Comme toujours chez Guzzi, cette moto-là ne ressemble à aucune autre. Ici, ce sont les sensations qui priment ! On aime ou on n'aime pas, mais il n'y a pas de compromis possible. Je n'ai donc qu'une seule conclusion à en tirer : essayez-la d'urgence !

Bien vu
Moins bien
Caractère moteur :-) :-) :-) Tenue de route sur mauvais revêtement
Freins Protection

La V11 SPORT en chiffres :

Moteur : Bicylindre en V2 à 90°, 4 temps, refroidi par air, 2 soupapes par cylindre.

Cylindrée : 1064 cc

Puissance : 91ch à 7.800 trs/min

Couple : 94 Nm à 6.000 trs/min

Alimentation : injection électronique

Démarreur : électrique

Boîte de vitesses : 6 rapports

Transmission : cardan

Dimensions : 2111 x 785 mm (L x l)

Empattement : 1471 mm

Hauteur de selle : 800 mm

Angle de chasse : 25°

Réservoir : 22 litres (dont 4 l de réserve)

Pneu avant : PIRELLI DRAGON MTR 120/70-17

Pneu arrière : PIRELLI DRAGON MTR 170/60-17

Suspension avant : fourche Marzocchi 40mm réglable en détente et compression, débattement 120 mm

Suspension arrière : monoamortisseur White Power, réglable en précharge, détente et compression

Frein avant : double disque flottant Brembo Oro 320 mm avec étrier à quatre pistons

Frein arrière : simple disque Brembo Oro 282 mm avec étrier à deux pistons

Poids à sec : 219 kg

Prix TVA comprise : 469.990,- BEF (11.650,75 €) et 479.990,- BEF pour la version gris-vert

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NM


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