HONDA CBR 1000F 1991

(par Rudy SCOHY)

 

 

Depuis son apparition en 1987, la grosse CBR est une cible privilégiée de ses rivales. Et même si ces dernières la surclassent dans certains domaines, elle évolue pour rester une référence totalement justifiée dans le segment des routières sportives.

 

 

Question de charme

La CBR, c'est d'abord une ligne futuriste rendue unique par cet habillage intégral masquant complètement le bloc moteur. C'est aussi la primauté accordée à l'aérodynamique par le phare affleurant, les rétroviseurs profilés, les clignotants intégrés, etc. Quoi qu'on en pense, cette esthétique devrait faire date.

 

Macro

D'autant que, vue de près, la CBR ne perd rien de sa superbe: la finition est un modèle du genre et l'équipement richement présenté (tableau de bord, robinet, pots carrossés et peints, ...)

Il n'empêche qu'on pleure depuis quatre ans pour obtenir une montre, que la selle est toujours aussi difficile à remettre en place et que le robinet est presque impossible à manoeuvrer en roulant.

Cela dit, il faut reconnaître que Honda a le souci du détail; ainsi, des renflements sont prévus dans le réservoir pour éviter les coups dus à la butée du guidon lors de manoeuvres, bien vu, d'autant que le rayon de braquage ne casse rien.

 

Passons à l'essentiel

Malgré son poids respectable (235kg mais, dites donc, c'est une 1000!), la prise en mains de la CBR n’est pas traumatisante; équilibrée, stable, précise, elle ne surprend jamais. Et, une fois lancée (ce qui se fait très vite avec les 135cv présents), elle se montre souveraine.

Bon d'accord, l'appellation "super sport" est un peu usurpée en comparaison de la 600: malgré‚ une tenue de route excellente, la CBR 1000 doit bien payer son tribut à la gravitation universelle et, en enfilade de courbes, le poids très présent oblige à la balancer vigoureusement; c'est du pilotage physique mais sain. La 1000 gagnerait sûrement à avoir une répartition des masses centrée davantage sur l'avant, comme c'est le cas pour sa petite soeur. On a l’impression de trôner au milieu de la grosse CBR… A côté de cela, l'onctuosité de son moulin vous ravira car, dès les plus bas régimes, la cavalerie se bouscule pour vous propulser vers l'horizon (un couple de 10.3 kgm à 8500 tours, ça vous dit quelque chose?) Cette souplesse exemplaire fait de la CBR 1000F une machine réellement exploitable; d'autant que le freinage n'appelle guère de critiques et que les suspensions ne sont jamais dépassées par les événements bien qu'elles se montrent trop souples pour un pilotage vraiment sportif.

 

 

Au rayon confort, la maîtrise affichée par la CBR se confirme. Le millésime 91 présente une bulle plus volumineuse et une prise d'air frontale revue pour diminuer les turbulences. Et ça marche; la protection du pilote est effective. Comme la position n'est pas trop sportive et que la selle est correctement rembourrée, on en vient à regretter que le réservoir n'excède pas ses 22 litres, car on pourrait aller très loin sans fatigue notoire. Et ce n'est pas votre passager qui se plaindrait.

 

En conclusion

Parce qu'elle affiche une homogénéité louable, la CBR 1000F mérite actuellement le titre de référence de sa catégorie. Pas trop gourmande (la moyenne de notre essai s'est fixée à 7.8l/100km) et proposée à moins de 400.000F, cette grande routière sportive constitue une sorte de maître-achat pour ceux qui ne chassent pas le chrono à tout prix.

RS


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