Husqvarna
SM610
par Pierre Herrent, septembre 2005

Slim & Fast
La SM610 a déjà une longue
carrière derrière elle, pourtant avec son look 2005 on jurerait
se trouver face à une nouvelle moto. Plus italienne que suédoise,
elle a réussi sa sortie des paddocks grâce à une meilleure
fiabilité et une certaine domestication de ses instincts sauvages,
son maître a tout de même intérêt à ouvrir
l'oeil et le bon
Un moteur en pleine maturité
Né en en Suède en 1982 sous
la forme d'un 500 cm3, la puissance de ce mono mais aussi ses caprices
(difficile à démarrer, pointu) et son manque cruel de fiabilité
ont créé sa légende. En 1998, le virage décisif
est pris, un balancier d'équilibrage l'empêche de vibrer
comme une tronçonneuse et surtout, 2 pompes à huile gèrent
l'une le haut moteur, l'autre la boite de vitesse pour une meilleure fiabilité.
Il
reçoit cette année un nouvel arbre à cames et un
nouveau piston haute compression qui apportent un gain de 6 chevaux, soit
une amélioration de plus de 10% ! Ce 610 sauce 2005 nous a fait
une grosse impression, plein dès les premiers tours, il soulève
la roue avant et continue à pousser à mesure qu'on monte
dans les tours. Rien à voir avec un mono qui tracte en bas et s'essouffle
en haut. Au-dessus de 4.500 t/min la poussée devient très
méchante et il monte jusqu'à presque 8.000 t/min, ce moulin
n'est pas né de la dernière pluie. Pas d'injection, mais
un bon gros carbu Keihin qui permet aussi bien de rester sur un filet
de gaz que de réagir au moindre mouvement de la poignée
des gaz. Un choke à tirette assiste le démarrage, sa position
sous le carénage latéral n'est pas des plus accessible.
La consommation a été de 6,7 l/100km soit environ 150 km
avant la réserve avec un réservoir de 12 litres.
Il est assez lisse à bas régime
pour filer à faible allure entre les files de voiture sans être
secoué. Il ne devient violent que plus haut, laissant une plage
d'utilisation relax ou utilitaire qui sans être creuse, permet d'envisager
une conduite un tant soit peu civilisée. Chassez le naturel, il
revient au galop, avec une sonorité musclée à tous
les régimes, il ne faut pas trop nous en demander et la roue avant
repart en l'air... Pourtant le silencieux est d'origine, donc homologué.
Il crache des décibels comme ce n'est pas possible par un embout
de forme conique qui reprend très joliment le logo Husqvarna. Le
dessin des tubes d'échappement est également soigné,
il n'a plus rien à voir avec un paysage de plomberie. En prime
cette ligne est catalysée, la preuve qu'il est possible de produire
un échappement performant, conforme aux normes antipollution et
diablement sexy tant pour le look que pour le son !
Une plume
142 kg à sec, ça change
tout, la maniabilité, les accélérations, le freinage,
la facilité à manoeuvrer, que ce soit à l'arrêt
ou dans les slaloms urbains. Si vous pensiez déjà être
mobiles, vous allez découvrir une nouvelle dimension. Avec un large
cintre qui fait bras de levier, les pneus sportifs au profil tendu et
le poids presque absent, la moto se jette à terre, se redresse
aussi facilement pour se raplatir dans le virage suivant, le buste ne
bouge presque pas, la moto est passée d'un côté à
l'autre aussi vite qu'une orange dans les mains d'un jongleur.
Les
flancs dégagés permettent aux genoux de bien la caler. La
selle est plate pour bouger d'arrière en avant et charger l'avant
quand nécessaire. Elle est très étroite pour balancer
la moto d'un angle à l'autre, même si les pros la trouvent
encore trop large. Sans être habitués à cette "poutre",
après 25 km on souffre, la même douleur que sur un vélo
après un (trop) long séjour au garage. Le rembourrage d'un
cuir retardera la grimace, le recouvrement plastique antidérapant
est en outre assez gênant sur un jeans. La selle culmine à
910 mm et nous fait jouer de la pointe des pieds malgré notre mètre
quatre-vingt. Sinon, la position est très bonne, si ce n'était
l'assise, on pourrait presque parler de confort. La superbe tête
de fourche en forme de blason vous soulage du vent jusqu'à 120
km/h et la vitesse de pointe supérieure à 150 km/h ouvre
la voie des grandes artères.
Le train avant est excellent, il renseigne
précisément sur l'état du sol, il reste imperturbable
même à grande vitesse et accepte les freinages dans toutes
les situations, grâce à la fourche inversée de 45
mm de diamètre signée Marzocchi. La suspension est entièrement
réglable, fort sensible elle s'ajuste à volonté aux
différents styles de pilotage. A l'arrière, un mono-amortisseur
Sachs de 190 mm de débattement est lui aussi entièrement
réglable. Son comportement est évidemment fort différent
d'un système à biellettes plus progressif, ici les réactions
sont vives et il faut apprendre à dompter la nervosité de
la roue arrière sans que ce soit avec un certain plaisir. La monte
d'origine est confiée à un Pirelli Diablo qui chante et
fume dès le départ en glisse, il est aussi très rassurant
sur la pluie ce qui n'est pas inutile étant donné le côté
turbulent de l'engin.
Un vrai SM
La 610 est d'abord très jolie, le
dessin réussi à créer une ligne pure sans faire usage
d'aucun artifice. Il est vrai que nous n'aurions pas apprécié
un SM aux origines racing rempli de fioritures. Cette "simple"
ligne qui traverse toute la moto est un trait de génie, il prend
une certaine distance avec les attributs classiques de la moto de cross
(garde boue bien arrondi, plaque latérale de support de numéro,
échappement torturés) et pousse en avant des éléments
finement réalisés comme le saute-vent, les clignotants pointus
et le silencieux presque intégré à la selle. Deux
finitions sont proposées, une "traditionnelle" jaune/bleue
en accord avec la présence en compétition de la marque.
Une autre plus "classieuse" en noir métallisé
non brilliant. Alors que les pièces jaunes et bleues sont des plastiques
colorés dans la masse, le noir est une peinture, le travail est
plus important pourtant il n'y a pas de différence de tarif.
Avec
la 610, pas d'hésitation, on est sur un vrai supermotard, rien
à voir avec une XTX ou une FMX par exemple, les origines de la
machine sont clairement la compétition et le travail a été
axé sur la domestication de la bête, à ne pas confondre
avec le chemin inverse qui tend à donner des allures de supermot'
à de bons trails. L'ensemble cadre, freinage, suspensions est de
haut niveau, il apporte une stabilité insoupçonnée
même avec des suspensions d'un si grand débattement. Le freinage
est incroyable de puissance et de mordant, un doigt suffit pour lever
la roue arrière et il faut y aller à chatons sur revêtements
glissants. La boite de vitesse est légère, précise
et de rapide, elle respire la compétition, son seul défaut
est une détection imparfaite du point mort qui allume le témoin
trop tôt, alors que la première ou la seconde est encore
engagée.
Le tableau de bord nous a laissés
perplexes, bien-sûr il paraîtra génial à celui
qui n'en avait pas sur son enduro, mais nous n'avons pas mémoire
d'un système aussi peu pratique sur une moto. Sur le grand écran
digital (très joliment rétro-éclairé avec
le logo Husqvarna en demi teinte), on peut lire la vitesse et des graduations
pour le régime moteur, elles grimpent d'abord à la verticale
sur la gauche du cadran et poursuivent leur progression à l'horizontale
sur le haut du cadran, le point entre les deux se situe aux environs de
4.500 t/min précisément là où le moteur commence
à relancer fort, pas mal pensé. Ce qui nous a déçu
c'est le bouton de sélection des autres affichages, il se remet
sur le totaliseur total à chaque démarrage et il est impossible
de sélectionner un affichage en roulant, il faut choisir avant
de démarrer l'information souhaitée (trip, compte-tour chiffré,
km total, heure). En plus, les câbles de freins, d'embrayage et
vitesse de la roue sont en plein dans le chemin. La béquille se
replie toute seule et il vaut mieux la déplier une fois descendu
de la moto pour être certain qu'elle tient correctement. Le duo
est possible mais pas le rangement car il n'y aucune place disponible,
y compris sous la selle et ce n'est pas sur celle-ci que nous placerons
un top-case, tout de même. Ce sont les seuls bémols à
une utilisation régulière. Pas mal pour un supermotard !
Une domestication réussie
Une nouvelle fenêtre d'inspection
pour vérifier le niveau de l'huile et un ventilateur pour assister
le système de refroidissement, un embrayage qui bénéficie
de nouveaux disques destinés à le rendre plus doux, le démarreur
qui est électrique et la batterie enfin digne de ce nom, rappelons
que sur la 510 le chargeur est indispensable. A tous les niveaux, les
pièces ont été adaptées et les points sensibles
comme le refroidissement ou le démarrage ont été
repensés pour une utilisation routière. Depuis que le moteur
tolère les régimes constants, on est tenté de l'emmener
plus loin et plus souvent que par le passé. Si elle nous a séduits
par son look, soufflé par sa dynamique, c'est surtout sur ses aspects
pratiques qu'elles nous a convaincus, la SM610 n'est plus juste un jouet
ou une bête de circuit, elle peut vraiment s'utiliser au quotidien.
PH
Husqvarna SM610 2005 – 7.999
€
FICHE TECHNIQUE
Mécanique
Moteur: 1 cylindres à 4 temps
Distribution: double ACT a 4 soupapes
refroidissement: liquide
Cylindrée: 576.03 cm3
Alésage x course: 98 x 76.4 mm
Taux de compression : 12.5 à 1
Puissance:54 CV à 7000 tr/min
Couple: 52 Nm à 6500 tr/min
Alimentation: Carburateur de 41 mm Keihin MX 41
Transmission
Type: embrayage multidisque en bain d’huile avec système
anti-retour
Boîte de vitesses: à 6 rapports
Transmission secondaire: Chaine
Partie-cycle
Cadre: tubulaire en acier léger
Fourche: hydraulique réglable ø 45mm
Suspension arrière: Combiné amortisseur réglable
en précharge
Avant: simple disque flottant ø 320 mm, étriers à
4 pistons Brembo
Arrière:simple disque flottant ø 220 mm, étriers
à 1 pistons Brembo
Roues
Avant: 3.50’’ x 17’’ jantes en acier léger
rayonnées: pneus 120/70-17
Arrière: 4.50’’ x 17’’ jantes en acier
léger rayonnées: pneus 160/60-17
Chiffres
Empattement: 1500 mm
Garde au sol: 265 mm
Hauteur de selle: 920 mm
Poids tous pleins faits 142 kg
Réservoir d’essence: 12.5 litres
Consommation: N.C.
Couleurs disponibles: bleu et jaune, noir
Garantie 2 ans
Importateur
MV Agusta Benelux b.v.
Nijverheidsweg 9a
3381 LM Giessenburg
Tel: 31 184 657171
Fax: 31 184 657170
Web: www.mvagusta.nl
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