Avec la Duke, KTM propose une démarche rare dans la production moto actuelle: une pure moto passion qui sacrifie les aspects pratiques et la facilité, mais accentue le plaisir de chevaucher un engin atypique et d'une qualité nettement au-dessus de la moyenne. Quel matos! Une Duke, on en profite d'abord avec les yeux. La noblesse des matériaux (aluminium massif et poli du bras oscillant, titane des fourreaux de fourche, durit aviation) interpelle; la qualité des composants (suspensions estampillées White Power, freinage Brembo, optiques lenticulaires) impressionne. Et puis, il y a cette allure qui rend la Duke impossible à confondre car elle allie à la perfection la finesse et l'agressivité naturelle. Jusqu'à la décoration qui est pensée dans les moindres détails. Rien à dire, la KTM sait parler au cur; lorsqu'on la voit, on la désire; et lorsqu'on la possède, on veut la garder malgré ses défauts.Voilà en tous cas une machine située aux antipodes d'une certaine production aseptisée et rationnelle. Déraisonnable? Aucun rangement, aucun crochet pour arrimer quoi que ce soit, un réservoir
minuscule (11,5L), une instrumentation minimaliste, un confort des plus
précaires (selle exagérément dure, pression du vent
accentuée Car, ce qui est magique avec la Duke, c'est qu'elle est d'origine un tuning de haute qualité et c'est rudement valorisant. Il n'y a vraiment que les rétroviseurs et le bouchon de réservoir qui pêchent un peu comparés au reste. A l'inverse, les jantes BBS en alu sont d'une beauté et d'une originalité étonnantes, à l'instar du regard de la bête. A ce propos, les optiques lenticulaires sont d'une efficacité étonnante la nuit. Le titre de "Duke", ça se mérite Au démarrage, on est surpris par la discrétion de la double
sortie d'échappement; la Duke se la joue feutré; c'est très
bien pour les normes mais un peu décevant pour l'ego, encore que,
dans les tours, la symphonie est en force majeure. Allez, en selle. Position
droite et tout sur l'avant pour bien charger une roue que déleste
la cavalerie quand elle arrive de l'arrière; rien à dire,
cette machine est conçue pour l'attaque. La petite jante avant
de 17 pouces (on est à 19 ou au-delà sur les trails), couplée
à un angle de chasse relativement fermé (25,8°) rend
la Duke extrêmement vive et maniable à toutes les allures,
rien à voir avec un trail classique; malheureusement cette légèreté
de direction peut à l'occasion se muer en défaut. En effet,
à hautes vitesses, elle a tendance à louvoyer facilement
malgré le généreux pneu avant. Vous me direz que
c'est le cas de bien des trails, mais ils ne coûtent pas aussi cher
que la Là, on cherche l'erreur et on peste un peu tout de même. Comme quand on interroge son postérieur et qu'on l'entend se plaindre d'une des selles les plus dures auxquelles il ait eu à se frotter. Bon, fini la portion d'autoroute; nous voilà à pied d'uvre sur des routes tourbillonnantes. Première constatation d'importance, le freinage de la Duke est réellement impressionnant. Ici, ce n'est pas du Brembo de deuxième zone comme les Japonais nous en sortent parfois (Honda CB500, par exemple); la galette de 320mm et l'étrier sont dignes de leur estampille et coupent l'élan du fauve avec une vigueur peu commune. On s'arrête quasi net, et il s'agit de se méfier des blocages de la roue avant sur tout ce qui glisse (bouche d'égout, revêtement synthétique de certains parkings et surtout sol mouillé). Il y a là un mode d'emploi à assimiler. D'autant que, "trail" oblige, la plongée de la fourche est très conséquente et modifie donc l'assiette de la moto. Un mode d'emploi, il en faut un pour le moteur aussi. Pourtant, il est
un peu à l'image du système d'échappement et on en
attendait plus de brutalité. Attention, je ne dis pas que ça
ne pousse pas; loin s'en faut, mais si on attendait de se faire botter
le c... par Superman, on reste sur sa faim. En vérité, les
accélérations, les reprises et le couple ne sont pas en
cause, m Et ces suspensions? Du White Power avant/arrière d'origine, on peut compter sur les
doigts d'une main les machines qui en offrent l'équivalent dans
la production actuelle. Est-ce cependant impérial et imparable?
Oui et non. En fait, oui dans l'absolu parce qu'elles sont
Etes-vous mûr pour devenir un "Dukatiste"? Justement, on touche là au nud de l'affaire: une Duke n'est
pas faite pour les parcours quotidiens avec sac à dos et passager.
Elle ne se destine pas non plus aux débutants parce qu'il faut
la régler avec la tête et la piloter avec musc
Fiche technique KTM Duke 2 - 2000 Prix 339.900 Francs belges Moteur Type : monocylindre; 4 soupapes; refroid. liquide Cylindrée (alésage X course) : 624,6cc
(101X78mm) Puissance : 55cv Couple : NC Alimentation : 1 carbu de 40mm Boîte : 5 rapports Transmission : chaîne Partie-cycle Chasse : 25,8° Empattement : 1460mm Garde au sol : 250mm Suspension avant : fourche inversée 43mm WP; débattement 140mm Suspension arrière : mono-amortisseur WP; débattement 170mm Frein avant : disque 320mm ; étriers 4 pistons Frein arrière : disque 220mm ; étrier 2 pistons Pneu avant : 120/70X17 Pneu arrière : 160/60/17 Hauteur de selle : 860mm Poids à sec : 145kg Capacité réservoir : 11,5L
RS
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