MV Agusta F4 - 2001 (par Rudy Scohy, juillet 2001)
Diva
mais pas divine Que
d'encre a fait couler la sculpturale Italienne qui devait raviver un mythe en sommeil.
Pensez donc: Ago descendu de son Olympe se penchait sur le berceau mécanique de
concert avec Ferrari! Une fois passées les envolées lyriques, CYBERmotorbikes
se propose de vérifier ce qui reste de la légende.
Si j'insiste d'abord là-dessus, c'est qu'en
matière d'esthétique, je reste un peu perplexe devant les angles torturés que
présente l'avant de la machine (tête de fourche, réservoir), par contre, il est
évident que l'arrière ne provoque que des louanges tout émus et que l'allure
globale de l'engin est agressive et élégante tout en respirant la classe. Après ce bilan statique, sortons notre loupe
pour voir ça. De
plus près Pas l'ombre d'un rangement (quand, plein d'espoir,
on soulève le strapontin du passager, on ne découvre que la centrale Tout naturellement, la position est extrêmement
contraignante et carrément "inhumaine" pour un passager (une MV en
version biposto est, selon nous, une hérésie). Après tout, on trouve ça normal.
jusqu'aux premières manouvres, lorsqu'on découvre douloureusement que les pouces
s'écrasent sur l'habillage dès qu'on veut braquer: on peut vraiment se faire
mal, j'en atteste.
A part cela, la dotation de la belle est à la
hauteur de ses ambitions avec son freinage Nissin à 6 pistons (et
maîtres cylindres redoutablement efficaces de la même marque), son amortisseur
de direction Ohlins parfait, sa fourche inversée Showa (supérieure à une Païoli)
et son amortisseur Sachs. Voilà, vous en savez autant que nous; il reste
à rouler. Proche
de la perfection
Des suspensions fermes (mais plus confortables
que cette satanée selle!) dont l'hydraulique en détente vous propulse en l'air
sur toutes les bosses. Et lorsque ces dernières disparaissent, le Roi Ago
descend de l'Olympe pour vous éclairer: cette partie cycle, au cadre inspiré
par Ducati, est tout bonnement une des plus saines et des plus efficaces qu'on
ait vu! La MV ne bouge jamais sur sa trajectoire et s'y inscrit avec beaucoup
de facilité; elle vous pousse à angler toujours plus. Il y a juste
l'amortisseur arrière qui n'aime pas les compressions sur l'angle et vous les
fait payer par un instant de léger flou, mais là je pinaille. Bref, rigidité quasi
absolue, stabilité parfaite et. la vivacité alors? Avec ses 192kg à sec, la MV en
rend tout de même 26 à une GSXR, et ça se sent dans les enfilades. Mais
j'insiste: ça ne se sent qu'un petit peu sans être jamais gênant; disons qu'il
convient de s'appliquer en jouant des jambes et des hanches. Enfin bref,
inutile de s'appesantir encore: d'un point de vue dynamique, rien de ce qui
roule sur deux roues ne fait mieux que cette MV Agusta, même si quelques autres
- très rares! - le font avec plus de naturel et de facilité.
Pourquoi
tu tousses? Vous avez remarqué? Je n'ai encore rien dit de
ce fameux moteur où souffle l'inspiration ferrariste. Venons-en à cet épineux
chapitre en commençant par la consommation moyenne: 7,9 litres sans ménager sa
monture. Contact: la sonorité à bas régimes est plaisante
sans plus, par contre elle change de registre en haut pour passer dans
les aiguë Bon, je crache le morceau: ce moteur, c'est LA
grosse déception d'un essai au demeurant exceptionnel. Pourquoi? C'est simple,
parce que ce 750 doit se conduire comme un 600 paresseux: sous les 8.000 tours,
il est un peu absent, rendant même certains dépassements hasardeux, un comble!
Sans vouloir retourner le couteau dans la plaie, une R6 repart plus tôt et
explose encore plus dans les tours; d'ailleurs, la valeur de couple de la F4
est proche de celle d'une 600. Et je ne vous parle même pas de comparer la MV à
une tonitruante GSXR 750, de peur de
faire pleurer les propriétaires de la belle Transalpine. Eh oui, y a pas photo,
ce moteur déçoit et contraint à jongler du sélecteur comme avec une moyenne
cylindrée. C'est comme ça et voilà tout. Remarquez qu'il est permis de se consoler en
insistant sur sa facilité puisqu'il est exploitable du fait de sa linéarité.
Mais pour le fun, ce n'est pas ce qu'on attendait. Que devons-nous en conclure?
P.S.: pour 2002, la F4 devrait gagner 7cv pour
redorer son blason mécanique. Fiche technique MV Agusta F4 - 2001
![]() Prix
719.900 Francs belges Type : 4 cyl. ; 4-T,
refroid. liquide ; 16 soupapes Cylindrée (alésage X
course) : 749cc (73,8X43,8mm) Puissance : 126cv à 12.200t/min Couple : 72Nm à 9.000t/min Alimentation : injection
électronique Boîte : 6 rapports
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