Suzuki Intruder VL 800 Volusia - 2001

(par Rudy SCOHY, septembre 2001)

Pour ne pas se tromper.

Avec la Volusia (une ville de Floride où se concentrent de nombreux bikers), Suzuki ne prend pas de risque. En ne se permettant aucun écart vis-à-vis d'un certain classicisme américain, le constructeur veut ratisser large. Cela suffirait-t-il à la VL 800 pour faire bonne figure sur une plage de Floride ? 

 

L'esthétique, ô combien importante s'agissant de customs, est de nature à emporter les suffrages puisque la VL en impose sans excès et sait caresser les yeux avec ses nombreux chromes, son beau guidon, ses jantes « rayonnantes » et son instrumentation (très complète avec jauge et horloge) qui marie adroitement les technologies digitale et analogique. En outre, notre Volusia d'essai était nantie par l'importateur belge de toutes les options possibles (pour un total rondelet de près de 1.800 euros), ce qui ne manquait pas d'ajouter à son allure générale. A la dotation standard s'adjoignaient entre autres un pare-brise très efficace, un sissy-bar avec porte-bagages, des pare-carters, des sacoches (peu pratiques en raison de leur système d'ouverture) et une kyrielle de pièces chromées as in USA.

Indéniablement, tout cela en jette, mais il faut signaler que, vues de près, certaines pièces perdent de leur aura : fausse triangulation (en plastique !) du bras oscillant, « chromes » synthétiques ou soudures grossières laissant augurer un vieillissement rapide, y compris sur des parties chromées.

 

Elle cache son jeu

Avec 201kg à sec (un record dans la catégorie), la Volusia affiche des caractéristiques rares dans le monde des customs : elle est maniable et profite d'une vraie vivacité malgré son empattement. En vérité, sa partie cycle constitue une réussite et. une surprise pour qui connaît celle de la pataude VN 800 Marauder dont elle s'inspire en partie. Abstraction faite de la garde au sol (très) limitée, la VL autorise un certain « pilotage » sans crier grâce à la première enfilade et c'est une très bonne surprise. Les suspensions, surtout à l'arrière, ne pompent pas exagérément et permettent donc à l'engin de soutenir des allures que réprouveraient bien d'autres customs. En outre, elles ménagent un bon confort pour le pilote. Mais pas pour son malheureux passager, secoué et martyrisé par une selle trop étroite et que la présence du sissy-bar ne rachète que peu.

La « petite » Intruder perd toutefois de son allant lorsqu'il est question de freiner ses légitimes ardeurs : l'unique disque avant et son étrier double piston ne convainquent qu'à allures modérées. La poignée réclame un très gros effort et le mordant est aux abonnés absents. On se console dans ce cas en insistant sur la progressivité, mais c'est une maigre compensation.

 

Intruder fatiguée ?

Comme signalé, le passager n'appréciera pas de longues balades sur le strapontin de la Volusia. Par contre, le pilote est extrêmement bien traité par ce nouvel Intruder : position naturelle (le dos ne souffre pratiquement pas), guidon au cintre idéal et, surtout, pare-brise spécialement bien conçu, soulageant totalement le buste et abritant aussi bien les mains que les genoux. Par contre, on peste à l'encontre du sélecteur dont la forme torturée n'a rien d'ergonomique et impose un temps d'adaptation sérieux. La boîte est un peu dure et s'inscrit dans un bilan transmissions satisfaisant grâce à la douceur du cardan.

 

Alors que l'Intruder 600 et la Marauder disposaient de motorisations raisonnablement coupleuses et séduisantes, la Volusia déçoit dans la mesure où son moteur n'a aucune plage de prédilection où il dispenserait les salutaires sensations si chères à la gent motarde. Encore une fois, on pourra tenter de se consoler grâce à sa facilité et à sa linéarité, mais la passion n'y est pas.

 

Eh bien donc.

A qui adresserions-nous la Volusia en priorité ?

Certainement aux personnes qui se mettent tardivement à la moto, ou à ceux dont la « carrière » a connu une interruption : ils trouveront là une belle moto classique, facile de prise en mains et qui ne leur réservera aucune mauvaise surprise. Si l'amateur de customs moyens reste sur sa faim en raison du manque de caractère moteur, il se rabattra sur l'aspect valorisant de la VL, principalement s'il investit dans les options. Et les dames l'adorent, je vous l'assure.

Présentée hors options à un tarif raisonnable, le coût de fonctionnement de la VL 800 Volusia sera, lui aussi, intéressant grâce au cardan et à une consommation moyenne stabilisée autour des 6 litres aux cent (près de 7 si on ouvre en grand, mais c'est peu probant avec ce genre de machines).

 

 

 

Fiche technique Suzuki VL 800 Volusia - 2001

 

Prix : 319.900 FB TTC

Dernière minute: la Volusia est désormais disponible pour 279.900 francs jusqu'à épuisement du stock.

 

Moteur

Bicylindre en V à 45° 4-temps, 805cc, 52cv à 6.000rpm, 6,6mkg à 3.500rpm

AlésageXcourse : 83X74,4mm

Simple ACT, 4 soupapes par cylindre

2 carburateurs de 34mm

 

transmission par cardan

boîte à 5 rapports

 

Partie cycle

Fourche télescopique, débattement 140mm

Mono-amortisseur réglable en précontrainte, débattement 105mm

Frein avant : disque 300mm étrier double piston

Frein arrière : tambour 180mm

Pneu avant : 130/90-16

Pneu arrière : 170/80-15

Empattement : 1.655mm

Hauteur de selle : 700mm

Garde au sol : 140mm

Réservoir : 16 litres

Poids à sec : 201kg

 

RS

 


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