Bref essai

Yamaha Tmax 500 - 2001

(par Rudy SCOHY, octobre 2001)

L'extra scootesque

 

Avec le Tmax, les ambitions du numéro 2 mondial sont patentes : s'écarter des recettes traditionnellement utilisées sur les scooters pour proposer une machine qui en garde la convivialité tout en offrant un potentiel dynamique proche d'une moto.

 

Ses originalités ?

Elles sont nombreuses et fondamentales :

-         échappement relevé « style superbike » (mais avec la sonorité en moins !) ;

-         grandes roues de 14 pouces ;

-         moteur monté rigide en position centrale (et plus solidaire du bras oscillant) ;

-         cadre tubulaire de type « diamant » (et pas un « U » ouvert) ;

-         transmission sans courroie mais avec chaîne en bain d'huile ;

-         47% du poids sur la roue avant (à comparer aux 38% d'un Majesty 250).

 

Dans ces conditions, maniabilité et rigidité devaient être au rendez-vous : et elles y sont !

En termes de comportement routier, le Tmax a une génération d'avance sur tous les autres « maxiscooters » : il ne louvoie pas à hautes vitesses (170km/h au compteur), il ne se désunit pas sur les revêtements bosselés et il enchaîne les courbes avec une vivacité qui confine au vrai bonheur. Le concept est donc gagnant, même si on eût apprécié (encore) plus de mordant au freinage pour ralentir les ardeurs de cet engin virevoltant.

 

Et la convivialité ?

Pour être laconique, on peut dire que le Tmax est au scooter ce que l'hypersportive est à la moto : fascinant, performant mais lacunaire au plan des divers types de confort. Dans ce domaine, le Honda Silverwing lui est supérieur.

Ainsi, le passager d'un Tmax, s'il se félicite du confort de selle, ne cesse de pester contre les galbes gênants de l'habillage arrière : contraint d'écarter les jambes, il finit par avoir du mal à garder les pieds sur leurs supports. Dans le même ordre d'idées, on signalera qu'en dépit d'une excellente protection au vent, les bruits aérodynamiques sont trop présents pour ne pas déranger à la longue (ceci dit, c'est quand même mieux que sur une meule.) Quoique assez complet, le tableau de bord (où manque un second totalisateur journalier) n'offre pas une esthétique enthousiasmante, hésitant entre la moto et le genre « motomobile ». Mais la limitation principale du Tmax par rapport à la concurrence lui vient de sa capacité de chargement. Passons sur le (dé)verrouillage de la selle (au contacteur) peu pratique et découvrons un coffre plutôt exigu avec sa contenance de 32 litres qui accueillera difficilement un intégral s'il est de grande taille. Par ailleurs, un seul petit vide-poche, peu utilisable en raison de son étroitesse, vient étoffer le tableau. Là, le Honda fait mieux, et c'est également le cas en matière d'éclairage car le plein phare du Tmax déçoit dans la nuit noire. Sinon, pour ce qui est de l'esthétique, le côté épuré du Yam lui sied assez, bien que les coloris ne le mettent pas spécialement en valeur. A l'inverse, un Tmax aux couleurs Yamaha Racing aperçu à Paris en jetait rudement.

 

Moteur

Les 500cc et 40cv du Tmax le propulsent à des allures inaccessibles aux scooters (de 0 à 100km/h en 7,5 secondes), à l'exception du Silverwing plus vigoureux grâce à ses 100cc et 10cv supplémentaires. Objectivement, c'est le manque de souplesse du Yamaha qui le handicape un peu car, pour le reste, son moulin satisfait pleinement: on est sur un Tmax, pas sur une R6. Et puis, cela n'enlève rien à son comportement routier plein d'aisance et de nature à larguer sans effort n'importe quel Silverwing, même piloté à l'agonie ! Notons encore qu'à la pompe, le Yam vous réserve une autre bonne surprise avec une moyenne établie à 6 litres aux cent en essorant systématiquement la poignée (car dans cet exercice, le Tmax est sacrément fun). Et en conduite calme, on parvient à descendre aux alentours des 4 litres.

 

Si je devais acheter un scooter pour mon usage personnel ?

Bon, je me lance : ce serait le Tmax parce que malgré ses limitations pratiques, il est bien le seul dont l'efficacité pourrait lui permettre de taquiner des motos en pleine arsouille. Ceci dit, il est raisonnable d'insister aussi sur le fait que son prix le situe au niveau de machines qui font encore mieux dans le genre, pensons par exemple aux nombreuses 600 actuellement en promotion. Mais il est vrai qu'à celles-là, le Tmax oppose évidemment un confort et des côtés pratiques nettement supérieurs.

 

 

Fiche technique Yamaha Tmax 500 - 2001

 

Prix 

349.900 BEF ou 8.570 EUR

 

Moteur

Bicylindre 4-temps refroidi par eau ; 499cc (66X73mm) ; 40cv à 7.000rpm ; 45.8Nm à 5.500rpm ; 2 carbus Mikuni BS30 ; 4 soupapes ; 2 ACT

 

Partie cycle

Fourche télescopique 38mm (débat. :120mm) ; bras oscillant avec mono-amortisseur (débat. :120mm) ; disque av. 282mm étrier 4 pistons ; disque arr. 267mm étrier 2 pistons ; empattement 1.575mm ; hauteur de selle 795mm ; garde au sol 140mm ; poids à sec 197kg ; réservoir 14 litres.

 

 

RS

 


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