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YAMAHA
FZ6 600 Fazer - 2004
(par
Daniel SAN BARTOLOME)

Best
of ?
Pour les motards « polyvalents
», la FZ6 sera la machine de référence, mais peut-être
aussi la plus incisive de sa catégorie. Ce ne devrait pas être
déplaisant…
En 1998,
les ingénieurs aux trois diapasons lançaient sur le marché
un nouveau concept, une 600 polyvalente, sportive assagie censée
offir le meilleur des deux univers. Ils étaient sans doute loin
de se douter que cette machine allait pulvériser les records
des ventes. En effet dès sa sortie, elle remporta un vif succès,
preuve s’il en est que les motards apprécient une machine
capable de s’affirmer sur tous les fronts. Avec cette nouvelle
version, Yamaha ne rate pas son coup et fait une rentrée tonitruante
dans le segment des machines moyennes homogènes et bonnes à
tous les jeux.
Coup de zoom
Le nouveau
modèle, aux lignes plus élancées et plus raccoleuses,
arbore un look résolument différent de sa devancière.
Nous ne nous ébaubirons pas sur le design soi-disant novateur
car il n’est pas sans rappeler une certaine Ducati Multistrada,
voire une MV Brutale dans la version naked. La tête de fourche
s’inspire de la R6 et lui confère une petite touche agressive
qui n’est pas désagréable du tout mariée
aux jantes à cinq branches et aux gommes larges du plus bel effet.
Sous la selle, l’on retrouve deux échappements intégrés
ou, plus exactement, un seul silencieux avec deux sorties, illusion
d’optique très réussie et bien dans la mouvance
actuelle. Notons que, de ce fait, il est impossible de caser un U sous
la selle. En contrepartie, Yamaha offre une clef à transpondeur.
La finition est sans faille et confirme la tradition de soin apporté
par Yamaha à ses nouvelles moutures. Le tableau de bord, s’offre
comme une copie plus ou moins conforme de ZX6R et Z 1000 ; à
moins que les ingénieurs nippons caressent des rêves communs,
il y a de l’espionnage dans l’air.
Bref : quoique très compact, l’ensemble n’est pas
exempt de reproche, car la lecture du compte-tours est problématique.
Il eût été plus intéressant d’importer
celui de la R6 !
Question moteur, la nouvelle cuvée n’a plus rien à
voir avec l’ancienne ; il ne s’agit plus du bloc Thundercat
mais de celui de la R6 à injection. Il a pris en couple (3Nm)
et en puissance (+ 3cv ) et il est désormais moins creux à
bas et à moyens régimes.
Côté châssis, avec un bras oscillant plus long (exit
les biellettes) et un nouveau cadre en aluminium du dernier cri, Yamaha
démontre une fois encore tout son savoir-faire.
Fazer d’hiver
Essai tardif oblige, les conditions climatiques furent
détestables : givre, neige fondante et températures négatives
ne nous ont pas permis d’effectuer un test 100% arsouille, mais
plutôt l’équivalent d’une utilisation moyenne
quotidienne, ce qui est amplement suffisant pour démontrer les
capacités et défauts d’une monture fraîche
émoulue des écuries nippones.
Première constatation eu égard aux anciennes Fazer : la
selle est plus inclinée vers l’avant et l’on a la
sensation d’être perché plus haut ; le buste cependant
reste droit et les jambes sont parfaitement positionnées.
Contact ! L’aiguille du compteur s’affole , il s’agit
bien du bloc de la R6 , la montée en régime est rapide
et la sonorité du gun est agréable. Dès les premières
boucles, on s’aperçoit que, si la partie cycle est plus
performante, elle en a perdu de son confort et de son agrément,
mais n’est-ce pas le prix à payer pour améliorer
les performances ? Malgré ce froid de volatile, on a poussé
un peu la bête, ne craignant pas de payer de notre personne !
Première, deuxième à fond, la Yam crache rapidement
ses chevaux et la montée jusqu’à la zone rouge est
volontaire. On est très surpris par l’inexistence des petits
à-coups dus en général à l’injection.
Par contre, l’accélération façon on-off n’est
pas ce que l’on peut espérer de plus rassurant pour une
moto destinée aussi à une utilisation urbaine. Plus coupleux
que par le passé, le bloc moteur accepte sans rechigner les dépassements
et les reprises à moyens régimes et ce, même en
côte, finies donc les descentes successives de rapports pour les
reprises, et c’est tant mieux car la boîte et la transmission
ne sont pas adaptés à une conduite enroulée. La
protection offerte par le petit carénage est surprenante d’efficacité.
Passé un petit creux à 7000 tours, le bouilleur pousse
fort et, au-dessus de 8000 tours, il ne cache pas ses origines et booste
jusqu’à 14000 non stop. D’accord, sur un sol givré
ce n’est pas idéal, mais les gommes une fois montées
à température s’avèrent assez efficaces.
La FZ6 vous propulsera au moins jusqu’à 230 Km/h, des performances
exceptionnelles pour une machine de ce segment. On sent qu’elle
ne rechigne pas à prendre de l’angle mais là, on
n’a pas osé s’y risquer. La rigidité du châssis
et la puissance du bloc moteur seront sans nul doute des armes redoutables
pour des enchaînements serrés… sur routes sèches.
Désormais
divorcé de ses étriers bleus issus des R1, le freinage
avant est moins efficace que sur l’ancienne Fazer, mais plus facilement
dosable, et la molette du câble est particulièrement pratique.
Avec une fourche dépourvue de réglage en précontrainte,
un amortisseur arrière sans biellettes et des sections de pneus
plus larges, il est clair que ce best-seller est devenu plus exclusif,
ce qui a aussi une incidence sur sa consommation : la FZ6 sirote un
demi-litre de plus que la FZS (sans tirer dedans, rappelons-le) et le
réservoir d’une capacité inférieure de 3
litres diminue fortement son autonomie.
Risquant le divorce au vu des conditions climatiques, nous nous sommes
aventurés à emmener une passagère. Haut perché
sur une selle peu moelleuse et avec des repose-pieds trop hauts, votre
compagne ressentira vite une fatigue au niveau des jambes, par contre
elle disposera de poignées de maintien arrière ergonomiques
et efficaces.
Retour au garage
Si le design, une rigueur du comportement et des performances
au-dessus de la moyenne constituent vos priorités, alors la FZ6
s’adresse à vous. Plus sportive et donc plus spartiate,
elle reste accessible aux néophytes mais s’écarte
tant soit peu de la philosophie « routarde » qui prévalait
dans le cas des générations précédentes
de Fazer. Plus fun que routarde, elle laisse selon nous un trou dans
la gamme Yamaha. Tout comme cela se passait chez Honda avec la Hornet,
aujourd’hui secondée par une CBF 600 qui renoue avec la
quotidienneté des roule-toujours. Ceci posé, la FZ6 est
sans nul doute une moto bien née et qui fera à n’en
point douter le bonheur de ses propriétaires. Notons encore que
le constructeur propose de nombreuses options d’usine parmi lesquelles
un superbe sabot moteur, une béquille centrale, une bulle haute,
un top-case et des protections de carters.

Yamaha FZ6 600 Fazer – 7.590€
Mécanique
Moteur : 4 cylindres en ligne, 4T, refroidi par eau, 16 soupapes, double
ATC
Cylindrée ( alésage X course ) : 600cc ( 65,5 X 44,5mm
)
Puissance : 98cv à 12.000t/min
Couple : 6,4 mkg à 10.000t/min (63,1Nm)
Alimentation : injection électronique
Transmission : Boîte 6, embrayage multidisque en bain d’huile,
chaîne
Châssis
Cadre : en aluminium moulé.
Suspension av : fourche télescopique 43mm, débat. 130mm,
aucun réglage
Suspension ar : mono-amortisseur, débat. 120mm, réglable
en précharge
Frein av : double disque de 298 mm, étriers 2 pistons
Frein ar : simple disque de 245 mm, étrier simple piston
Pneus av : 120/70 ZR 17
Pneus ar : 180/55 ZR 17
Chiffres
Angle de chasse: 25°
Empattement : 1440mm
Hauteur de selle : 820mm
Réservoir : 19L
Répartition : av. : 51% ar. : 49 %
Poids à sec : 187Kg
Poids avec plein : 208,5Kg
Consommation moyenne : 6,5L/100Km
Importateur
D’Ieteren Sport
Parc industriel de la Vallée du Hain
1440 Wauthier-Braine
Tél.: 02/367.14.35
Fax. : 02/367.14.50
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