MX Superfly sur PlayStation 2

(par Rudy Scohy, novembre 02)

Ricky's way

A l’heure où le motocross mondial fait face à un avenir incertain, les jeux de genre tiennent heureusement la forme: en voici un tout neuf parrainé par Ricky Carmichael himself...

Qu’est-ce qui fait la particularité de ce Superfly? Ce n’est pas le beau Ricky car au fond, il ne fait guère plus que de lui prêter son nom et sa gestuelle. Ce n’est pas son contenu puisqu’on n’y trouve rien que de très classique. Ce n’est pas son graphisme non plus: il est satisfaisant mais n’atteint pas les sommets, pas plus d’ailleurs que la fluidité des animations, parfois problématique. Contrairement à ce que pourraient vous laisser croire ces prolégomènes, l’ensemble ne manque pourtant pas d’intérêt...

Didacticiels

Embrayons sur le point fort du jeu: il réclame une certaine maîtrise technique dans la manipulation de l’embrayage, des freins et des suspensions. Vous n’êtes pas un crossman? No problemo: le jeu s’occupe de tout et se mue en mentor pour vous permettre de devenir un vrai technicien du dérapage, du saut et on en passe. En l’occurrence, vous êtes seul en piste, et il suffit de suivre les instructions et de les mettre immédiatement à l’épreuve du circuit. Par ailleurs, la patte de Carmichael se manifeste aussi dans l’orientation volontiers freestyle du produit; des compétitions spécifiques sont d'ailleurs prévues. On n’est évidemment pas obligé de faire des figures ou de réaliser des tricks pour gagner les courses, par contre ils aident à gagner du cash qui vous permettra, par exemple, de changer de team. S’il est vrai qu’on a déjà vu ça, il faut reconnaître qu’ici, c’est rudement bien conçu. En outre, il y a plus fort en magasin: c’est le mode Arena, une trouvaille. Dans une enceinte pleine de connaisseurs chaleureux (ils vous mitraillent même de leurs flashes!), vous pouvez concevoir vous-même votre terrain d’entraînement au freestyle en choisissant le type d’obstacles et de rampes que vous y placerez ainsi que leur situation sur le terrain. Les joysticks vous permettent aussi de nombreux mouvements de « caméra » pour juger de la pertinence de vos choix. Après cela, il n’y a plus qu’à vous lancer...
Autres spécificités sympathiques: les commentaires signés par des journalistes (américains) connus, comme cela se pratique dans nos jeux de football; la bande son (heavy metal, of course) et les multiples possibilités en matière d'équipements, des lunettes aux gants en passant par les bottes. Cerise sur le gâteau, on a aussi le choix de son numéro et... on a son nom sur sa vareuse. C’est plutôt valorisant quand on court au milieu d’une pléiade de stars!

Courses de clones

Dès qu’on a choisi entre la course simple, l’entraînement ou la carrière (un championnat à travers les diverses cylindrées), on peut aussi définir le nombre de ses adversaires qui sont… tous des clones de Ricky Carmichael! En effet, qu'ils s'appellent Roncada, Langston ou LaRocco, ils pilotent tous comme le père Ricky, gestuelle comprise; et vous, vous faites pareil! C'est une lacune regrettable puisque d'autres jeux gèrent aussi les particularités de pilotage. Bon point par contre dans la gestion des chutes, le fait que les pilotes se salissent au fil des tours, ainsi que dans le nombre et la diversité des circuits. De son côté, l'animation peine parfois à rendre la fluidité des trajectoires, et le comportement des motos n'est pas totalement réaliste: on peut angler comme un pilote de vitesse, sur de la boue et sans tomber! Néanmoins, les bagarres en paquets sont constantes et les pilotent s'invectivent (du moins si vous êtes assez bon pour lutter avec les autres…). On signalera encore diverses vidéos de bonne facture et quelques bonus, comme la présentation des groupes rock ayant déjà collaboré avec THQ qui signe ce Superfly comme de nombreux autres titres de sport.

A contrario, cette spécialisation fait qu'on aurait encore attendu davantage de ce jeu qui ne figurera donc qu'une semaine dans votre médiathèque, le temps d'une location hebdomadaire.


RS


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