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MotoGP 2 sur PlayStation 2
(par Rudy Scohy, juin 2002)

Avec les légendes
Nous n’avions pas été tendres avec
MotoGP dont les qualités ne parvenaient pas à masquer les
lacunes... Ce second opus peut par
contre briguer l’excellence et nous offre en prime l’opportunité
d’une arsouille avec des pilotes de légende. Mémorable!
Le plus évident, c’est la progression graphique
et le soin apporté aux décors. Alors qu’une version
démo nous avait encore déçus en raison d’abords
de circuits désespérément vides, on a droit dans
le jeu définitif à un public varié, à des
stands garnis voire à des décors animés. Dans le
détail, c’est même encore mieux puisque les ralentis
permettent de distinguer les traits d’un visage derrière
la visière (!) Quant aux jeux de reflets, leur réalisme
est à ce point convaincant que les vibreurs se reflètent
jusque dans les casques et les bulles... En conditions de course humide,
les gouttes de pluie qui viennent frapper les objectifs des caméras
virtuelles génèrent une impression réellement stupéfiante.
Bref, les images de MotoGP 2 confinent vraiment au réalisme des
retransmissions télévisées, ce qui ne fait évidemment
que vous convaincre davantage de la réalité de vos prestations
bonnes ou mauvaises. A ce point de vue, on n’avait jamais fait aussi
bien.
Gameplay bien pensé
Ouf:
l’indigence qui pénalisait MotoGP et ses cinq malheureux
circuits n’a plus cours ici; on est passé à dix (Suzuka,
Motegi, Assen, Donington, Paul Ricard, Le Mans, Sachsenring, Jerez, Catalunya,
Mugello). Remarquez que, pour un jeu cautionné par la Dorna, on
serait toujours en droit d’ergoter: à quand la saison complète?
Sans doute pour un probable MotoGP 3 qui devra bien intégrer le
rugissement des 4-temps, pardi!
Ce qui ravit aussi les " pilotes " que nous sommes,
c’est que le jeu parvient à se comporter comme une authentique
simulation à un niveau rarement atteint. Alors que MotoGP se contentait
de reproduire (très justement) les attitudes des pilotes, la suite
gère aussi les différences de comportement générées
par l’architecture moteur: la NSR est bien la plus difficile à
maîtriser, alors que les bicylindres et le trois-pattes de la KR3
compensent leur manque de puissance par une facilité réelle
qui se marque davantage encore sous la pluie. Rien à redire. Seules
concessions à la vraie saison 2000, les présences de Mick
Doohan et de Takuma Aoki. Si le prestige du premier suffit largement à
justifier qu’il soit au départ (une baston Doohan-Rossi,
ça vous inspire?), le second s’est largement investi dans
la conception du jeu, exutoire au sort funeste qui l’a cloué
dans une chaise roulante.
La perfection?
Non,
pas encore; mais on s’en approche. Par exemple, les pistes -bien
que parfaitement reproduites quant à leur tracé et à
leur environnement- sont toujours anormalement planes et vous cherchez
vainement, à Donington, la bosse qui contraignit Doohan à
un strike mémorable sur Schwantz et Barros il y a une dizaine d’années.
De même en course, les bagarres en paquet sont rarissimes; on a
plutôt droit à une suite de duels. La bande son, d’inspiration
techno, compte une dizaine de titres qui se ressemblent assez pour avoir
l’air clonés d’une même inspiration. On en vient
vite à la couper pour n’écouter que les screamers
et les clameurs du public espagnol...
Vous vous doutez aisément que MotoGP2 présente
tous les modes de jeux habituels (course simple, championnat, contre la
montre, duel, etc). Mais finalement, son attrait essentiel tient plus
dans sa trouvaille du mode Légendes que dans la fièvre des
épreuves d’une saison. Bref, lorsque vos résultats
sont suffisamment probants en course (ce qui exige une sérieuse
pratique...), vous débloquez ce mode qui vous offre le privilège
de vous mesurer à des champions mythiques sur leurs motos qui ne
le sont pas moins: Roberts Senior, Rainey, Schwantz, Spencer et l’inévitable
Quick Mick. Là par contre, les luttes de furieux sont courantes...
si vous parvenez à suivre le rythme. Car vous avez affaire à
des stars dont les motos sont évidemment upgradées pour
résister à celles d’aujourd’hui: on ne les a
pas sorties du panthéon pour que
vous fassiez joujou, hein! Les concepteurs ont manifestement apporté
un soin spécifique à leurs légendes dont les machines
et les équipements sont reproduits avec force détails. C’est
donc un vrai bonheur qui ne se mérite qu’après avoir
fait ses preuves.
Eh bien voilà: on l’attendait au tournant,
mais MotoGP2 vaut que vous investissiez si vous appréciez l’univers
de la course. Vous ne vous ennuyerez jamais au " guidon "; au
contraire, si vous êtes comme nous, on devra peut-être vous
rappeler à l’ordre pour vous faire abandonner la manette.
RS
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