"Superbike 2000" sur PlayStation

(par Rudy SCOHY, octobre 2000)

Edité sous licence officielle du SBK Superbike World Championship, voici un jeu qui tient presque toutes ses promesses car, pour "s'y croire", il n'y a pas mieux.

 

Kyalami, premier Grand Prix de la saison.

Dans les volutes que dégage la piste surchauffée par le soleil d'Afrique, on aperçoit la ville toute proche. Le public est nombreux et, alors que vous prenez place sur la grille de départ après avoir couru la Superpole, les commentaires de Rémy TISSIER se font entendre. On se croirait en live coverage sur "Eurosport"…

Faire vrai, c'est toute l'ambition de "Superbike 2000" qui, en dépit de ses défauts, apporte enfin aux motards possesseurs de consoles la possibilité de pouvoir en découdre sur les tracés officiels avec les vrais pilotes du championnat.

 

Du fun, du vrai

"Superbike 2000" joue la carte du plaisir avant tout et ne s'embarrasse donc pas de réglages superflus. Ils existent (pneus, démultiplication, suspensions,…) mais n'ont qu'une incidence limitée sur les courses. Au début, on prend ça pour un défaut puis on s'en accommode parce que le fun n'en est que plus immédiat.

Les râleurs trouveront peut-être que le graphisme aurait pu être plus précis (pour faire mieux, il y aura la PlayStation 2), mais on n'y pense pas dans la griserie de la course parce que le jeu génère une impression de réalité étonnante: les pistes sont reconstituées avec soin (jusqu'aux panneaux publicitaires!) et on est donc confronté aux mêmes problèmes de pilotage que les cadors des Grands Prix. Sans compter que la motivation est plus grande quand on a FOGARTY, EDWARDS ou HAGA en point de mire… Car ces gars-là sont rapides et "Superbike 2000" ne fait pas de cadeau au joueur; ici, il n'y a pas de turbo pour rattraper les fuyards. Le seul moyen, c'est de faire claquer les chronos et pour ça, il faut avoir appréhendé les pièges des différents circuits qui, soit dit en passant, sont aussi exigeants qu'en réalité. Roulez à Assen, et vous saurez pourquoi de nombreux champions s'y sont déjà viandés. Signalons d'ailleurs qu'avant chaque épreuve, Rémy TISSIER met le joueur au parfum des particularités de la piste concernée.

Comme de coutume, on a évidemment le choix entre la course simple, le week-end (avec les essais libres, la Superpole et les deux manches), le championnat et la course à deux.

 

Quelques défauts

Quand vous ôtez votre cuir virtuel au terme de la Superpole, c'est l'euphorie: vous signez un chrono d'acier qui relègue votre dauphin à plus de trente secondes. Ce n'est pas pour autant que vous aurez les deux manches faciles car, en course, les temps de ces filous progressent de manière surnaturelle et ils enfoncent votre Superpole à chaque tour. Disons que ça oblige à rester concentré.

Au chapitre regrettable, on épinglera que le climat, les dégâts subis par votre machine et l'usure des pneus n'affectent pratiquement ni les chronos ni le comportement de la moto. La jouabilité y gagne mais pas la vérité de la simulation. De même, il est dommage qu'on n'ait pas le choix d'une bande son: à force d'entendre toujours les mêmes musiques, on préfère couper et n'écouter que les moteurs dont le rendu est heureusement assez convaincant.

Malgré ces manquements, il reste que "Superbike 2000" nous a paru le plus passionnant des jeux testés jusqu'ici par l'opportunité qu'il offre de bastonner avec les meilleurs sur les sites de leurs exploits. A ce titre, c'est un achat justifié pour les fondus de compétition.

 

RS


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